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Ankara et Athènes partagent une perspective commune

09.03.2016 - 08:51

Sur les côtes de la mer Egée d’où continuent à s’élancer chaque jour des centaines de candidats à l’exil vers l’UE, la crise des migrants constitue l’essentiel du menu des discussions bilatérales Davutoglu-Tsipras.

La Turquie partage une perspective commune avec la Grèce sur la nécessité de partager le fardeau de la crise des réfugiés et les deux pays ont convenu d’un cadre juridique pour lutter contre la migration illégale, a indiqué, mardi à Izmir, le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.

Les deux pays apportent «une réponse commune à ceux en Europe qui estiment que la Grèce et la Turquie devraient faire face, seuls, à la crise», a déclaré le chef du gouvernement turc lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue grec Alexis Tsipras à l’issue de la 4e réunion du Conseil de coopération stratégique bilatérale à Izmir sur la côte égéenne.

La mer Egée est devenue en raison des courtes distances entre les côtes turques et les îles grecques l’une des principales voies d’accès en Europe pour les migrants illégaux depuis le renforcement des contrôles à la frontière terrestre gréco-turque.

En dépit des divergences d’opinion entre la Grèce et la Turquie, l’amélioration de la coopération pourrait «réduire à un minimum les scènes dramatiques en mer Egée», a-t-il assuré, relevant que les deux pays ont convenu de la nécessité de lutter contre les réseaux des passeurs.

Plus de 130.000 migrants et réfugiés ont rejoint les îles grecques à partir des côtes occidentales turques jusqu’à présent cette année.

Le Premier ministre grec a souligné, de son côté, que «les puissances extérieures ne peuvent pas imposer à la Grèce et à la Turquie, qui ont décidé d’intensifier leur coopération, la façon de résoudre la crise des réfugiés», pressant l’Europe à convenir d’un accord sur cette question le plus tôt possible.

L’accord de réadmission des migrants, qui tentent de rejoindre l’Europe, était une condition clé fixée par les dirigeants européens, lors de leur sommet lundi à Bruxelles, en vue d’un accord historique avec la Turquie pour lutter contre la crise des réfugiés.

Cette réadmission «envoie un message clair qu’il n’y a ni volonté politique ni capacité pour les accueillir» ce qui permettrait d’endiguer cet «afflux insupportable pour les pays de l’UE», a-t-il ajouté.

Ankara a présenté, lundi, de nouvelles propositions à l’UE pour arrêter le flux migratoire, sur lesquelles l’Union va plancher durant dix jours avant un autre sommet les 17 et 18 mars.

La Turquie accepterait la réadmission sur son territoire de tous les migrants arrivés clandestinement en Grèce, y compris les Syriens, mais à condition de procéder pour chaque Syrien réadmis à la réinstallation d’un autre Syrien de la Turquie vers le territoire de l’UE.

Ces principes consistent aussi en la suppression du visa d’entrée dans l’espace Schengen pour les Turcs d’ici fin de Juin, un supplément de 3 milliards d’euros pour les besoins des réfugiés qui viennent s’ajouter aux trois déjà promis en novembre dernier, l’accélération des pourparlers concernant la demande d’adhésion à l’UE ainsi qu’une mise à jour de l’Union douanière.

Les deux pays ont signé, à l’occasion de cette rencontre, une série d’accords de coopération pour intégrer davantage les réseaux routiers, ferroviaires et de transport maritime et le Premier ministre turc a annoncé que des dessertes directes entre les deux capitales vont être lancées.

» Source de l'article: lematin

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