Emmanuel Macron a appelé jeudi chaque État de l'Union européenne (UE) à «mettre du sien» afin de s'entendre sur la politique migratoire, un dossier très sensible qui figure au menu du sommet européen jeudi à Bruxelles.
En arrivant au sommet, M. Macron a indiqué espérer que le débat que doivent avoir dans la soirée les 28 sur les quotas d'accueil de réfugiés puisse «donner un cadre politique» afin «d'arriver à des résultats en 2018». Ce débat, organisé au cours du dîner à huis clos, ne fera pas l'objet de conclusions écrites, contrairement à d'autres dossiers du sommet, comme le Brexit.
«Il faut qu'une solidarité s'exprime sans pour autant tomber dans des blocages (…) Chacun doit mettre un peu du sien pour trouver les bonnes convergences», a déclaré le Président français. Les 28 doivent avancer, selon lui, «sur un droit commun, en particulier de l'asile», et «une politique commune de contrôle aux frontières». La politique migratoire européenne a provoqué une large fracture est-ouest au sein de l'UE. Les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Slovaquie, Pologne, République tchèque) refusent d'accueillir des demandeurs d'asile entrés dans l'UE par la Méditerranée, tout en annonçant une aide de 35 millions d'euros en soutien des actions de l'Italie pour gérer les migrations en Libye. Ils s'opposent aux États pour lesquels nul pays ne peut refuser les mesures de «relocalisations» de demandeurs d'asile.
M. Macron a salué le geste de «bonne volonté» des pays de Visegrad mais cela «ne résoud pas tout». Les pays de l'UE avaient adopté en 2015 à la majorité un plan de répartition en deux ans de 160.000 demandeurs d'asile depuis l'Italie et la Grèce, dont 120.000 selon des quotas obligatoires. Mais seulement 32.000 ont été effectivement «relocalisés», en partie en raison du refus catégorique de plusieurs pays de l'Est de l'appliquer.