Des marches de protestation regroupant près de 9.000 médecins résidents de différentes wilayas du pays ont été organisées mardi à Oran (Ouest) et Annaba (Nord-Est) par le Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA), pour réclamer l’abrogation du service civil et militaire. Ces marches interviennent au moment où une grève générale a été décrétée dans les hôpitaux universitaires. Les manifestants revendiquent «un statut juridique» complétant leur statut général aux côtés d’autres revendications en rapport avec les œuvres sociales, le service national, le service civil et la formation, affirme le président du bureau local du CAMRA.
Les «internes» avaient déjà tenté de manifester dans les rues d’Alger, mercredi dernier, se heurtant alors aux forces de l’ordre qui en imposant un cordon de sécurité leur ont interdit de sortir de l’enceinte du CHU Moustapha-Bacha, le plus grand hôpital d’Alger. La Direction générale de la sécurité nationale a affirmé que la police «n’avait fait qu’appliquer le règlement» qui interdit les manifestations dans la capitale pour des raisons sécuritaires.
À Constantine, à 340 km à l’est d’Alger, des médecins résidents, des pharmaciens et des dentistes ont participé à une marche allant de l’hôpital Ibn-Badiss jusqu’au centre-ville, a indiqué l’agence de presse algérienne. Sur les réseaux sociaux, des images de la manifestation où apparaissent un grand nombre de manifestants ont été publiées. Selon leur mouvement, ils étaient un millier à Constantine.
Depuis des années, la principale revendication des médecins résidents est l’abrogation du service civil, qui oblige tout médecin ayant achevé six ans de spécialisation dans les hôpitaux à exercer entre deux et quatre ans dans les zones reculées du pays. Les hommes médecins sont ensuite tenus de faire pendant un an le service militaire, qu’ils souhaitent également voir supprimé.

Une rencontre entre le ministère de la Santé et les représentants des médecins résidents en grève s’est tenu le même jour, à l’issue de laquelle le ministre de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière, Mokhtar Hasbellaoui, a déclaré prendre en compte les revendications des grévistes «à travers la mise en place de mesures incitatives dans le cadre des lois en vigueur». Il a également indiqué que son département «ne peut pas intervenir sur la question du service national pour les médecins, car elle relève de la compétence du ministère de la Défense nationale». En réaction aux rassemblements du dimanche dernier, M. Hasbellaoui a appelé les médecins au dialogue «afin de trouver des solutions à leurs revendications». Estimant le service civil, au cœur de leurs demandes, «plus que nécessaire», il a tout de même promis de «l’alléger et de le développer en améliorant les conditions de travail». 
Safaa Loukili Idrissi (Stagiaire)