Ces «violations graves» se sont intensifiées dans certaines régions en raison des opérations militaires et d’une «recrudescence des combats» à plusieurs endroits, notamment dans l’État Shan, l’État Kachin et l’État Rakhine, indique le rapport.
Couvrant la période du 1er février 2013 au 30 juin 2017, le rapport n’inclut pas les exactions commises contre les Rohingyas de l’État Rakhine, mais note que les affrontements entre différentes parties continuent de mettre en péril les enfants. Le rapport souligne qu’en dépit des progrès faits par le gouvernement dans la lutte contre le recrutement et l’utilisation d’enfants et la prévention en la matière, «des violations de ce type avaient été commises par les forces armées gouvernementales durant toute la période considérée». Il note que certains de ces enfants, qui ont dû fuir de l’armée, ont été «arrêtés par l’armée ou la police et renvoyés dans leurs bataillons ou arrêtés pour désertion», alors que dans le camp des autres parties armées, le rapport ne fait part que d’un «petit nombre de cas de recrutement et d’utilisation d’enfants».
Le document déplore aussi 76 cas de meurtre et d’atteinte à l’intégrité physique des enfants, et 104 cas de mutilations, en plus de 21 cas de viols, remarquant que ces chiffres restent «inférieurs au nombre de cas réels». L’ONU épingle l’armée birmane aussi pour son refus d’octroyer l’accès humanitaire aux régions touchées par les conflits, ajoutant que ces refus ont «eu des conséquences pour les enfants».
Le secrétaire général appelle le gouvernement notamment à généraliser «l’identification, l’enregistrement et la démobilisation» de tous les enfants servant dans les rangs de l’armée, et à mettre en place des mesures juridiques visant à mieux protéger les enfants des conséquences de la guerre.

Mardi soir, sept manifestants ont été tués et 13 autres blessés lorsque la police a ouvert le feu sur une foule de bouddhistes qui tentait de s'emparer d'un bâtiment officiel en État Rakhine, a indiqué la police birmane mercredi. «Les forces de sécurité ont demandé à la foule de se disperser et ont tiré des coups de semonce dans le ciel avec des balles en caoutchouc. Mais sans effet. Alors la police a tiré à balles réelles pour avertir et disperser les gens», a déclaré Myo Soe, porte-parole de la police birmane.
«Sept personnes ont été tuées et treize blessées à Mrauk U», a-t-il ajouté, précisant que 20 policiers avaient également été blessés par des jets de pierres.
Mrauk U se situe en État Rakhine, dans l'ouest de la Birmanie, région sous très haute tension depuis l'été dernier et le début d'une campagne de répression de l'armée birmane, qui a poussé plus de 650.000 membres de la minorité musulmane des Rohingyas à fuir au Bangladesh, ce que l'ONU a qualifié d'«épuration ethnique». Cette éruption de violence dans une zone épargnée par les troubles récents contre les Rohingyas, où vivent principalement des bouddhistes, a éclaté quelques heures après la signature par le Bangladesh et la Birmanie d'un accord pour le rapatriement des Rohingyas qui ont fui le pays.