Le Kremlin a jugé vendredi «impardonnable» de désigner personnellement le Président russe, Vladimir Poutine, comme responsable de l'empoisonnement en Angleterre d'un ex-espion russe, comme l'a fait le chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson. «Toute mention ou référence à notre Président n'est rien d'autre que choquant et impardonnable en termes d'étiquette diplomatique», a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par les agences de presse russes. Mercredi dernier, la Première ministre britannique, Theresa May, avait affirmé que Moscou était «coupable» de cette attaque commise, selon elle, au moyen d'un agent innervant appartenant au groupe des agents «Novitchok» mis au point par la Russie. La Russie clame son innocence depuis l'empoisonnement par un agent toxique à Salisbury, dans le sud de l'Angleterre le 4 mars, de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, hospitalisés dans un état grave. «Il faudra tôt ou tard que la Grande-Bretagne fournisse des preuves concluantes. (…) Pour l'instant, nous n'en avons pas vues», a poursuivi le parole du Kremlin, vendredi. De son côté, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a appelé vendredi la Russie à «coopérer» sur l'affaire Skripal, assurant que l'alliance «ne voulait pas d'une nouvelle Guerre froide». «Nous avons ce que j'appellerais une approche à deux voies vis-à-vis de la Russie», a-t-il déclaré sur les ondes de la BBC.