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Crimée : L’Ukraine accuse la Russie d’invasion

03.03.2014 - 11:03

Des hommes armés non identifiés se sont emparés dans la nuit de jeudi à vendredi de l’aéroport de Simferopol en Crimée, république autonome d’Ukraine, selon l’agence Interfax, quelques heures après qu’un commando pro-russe a pris possession du Parlement local. «Je considère ce qui se passe comme une invasion armée et une occupation (…) C’est une provocation directe pour un bain de sang armé sur le territoire d’un État souverain. Cela ne relève plus de la compétence du ministère de l’Intérieur. Cela relève de la compétence du Conseil de sécurité et de défense nationale», a martelé le ministre ukrainien de l’Intérieur par intérim, Arsen Avakov.

Selon lui, des «unités armées de la flotte russe bloquent» l’aéroport Belbek, proche de la ville de Sébastopol, dans lequel «se trouvent des militaires et des garde-frontières ukrainiens».
Les événements se sont accélérés depuis deux jours dans la péninsule russophone de Crimée, qui semble de plus en plus échapper au contrôle des autorités centrales de Kiev, alarmant les Occidentaux.
À Simféropol, chef-lieu en Crimée, des hommes armés ont également pris le contrôle de l’aéroport et «ne dissimulent pas leur appartenance aux forces armées russes». Un conseil de sécurité nationale et de défense a été convoqué au sujet de la situation en Crimée, a annoncé le Président par intérim Olexandre Tourtchinov à la tribune du Parlement. Selon lui, les hommes en armes qui occupent depuis jeudi le gouvernement et le Parlement de Crimée à Simféropol sont des «terroristes armés opérant sous le drapeau russe».
Les garants de l’indépendance de l’Ukraine

Face à cette situation qui fait planer sur le pays le spectre de la scission, le Parlement d’Ukraine a voté, vendredi dernier, une résolution appelant les États-Unis et la Grande-Bretagne à garantir sa souveraineté après la prise de contrôle dans la nuit de deux aéroports de Crimée par des hommes en armes. Les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Russie se sont portés garants de l’indépendance de l’Ukraine dans le Mémorandum de Budapest, signé en 1994, en échange de son renoncement aux armes nucléaires après la chute de l’Union soviétique, dont elle faisait partie. Le texte demande aux pays garants de «confirmer leurs engagements» envers l’Ukraine et de lancer des «consultations immédiates avec (elle) pour faire baisser la tension». Réagissant à cet appel, le vice-Président américain Joe Biden a téléphoné au Premier ministre de transition ukrainien, Arseni Iatseniouk, pour promettre le «soutien total» des États-Unis aux nouveaux dirigeants du pays. M. Biden «a assuré au Premier ministre que les États-Unis offriront leur soutien total à l’Ukraine lorsqu’elle entreprendra les réformes nécessaires pour retrouver une santé économique, poursuivre la réconciliation, respecter ses obligations internationales et chercher des relations ouvertes et constructives avec ses voisins», selon un communiqué de la Maison Blanche.

Risque de faillite

La Banque centrale ukrainienne a annoncé vendredi avoir limité à 15 000 hryvnia (1 095 euros) le montant quotidien maximal pouvant être retiré dans les banques du pays, alors que le pays est au bord de la faillite. La devise ukrainienne, la hryvnia, a perdu le quart de sa valeur depuis le début de l’année. Les inquiétudes des investisseurs se multiplient avec la crise politique qui a entraîné la chute du Président Viktor Ianoukovitch et les tensions séparatistes pro-russes en Crimée. L’Ukraine risque le défaut de paiement sans une rapide perfusion financière internationale. La dette publique s’élève à 75 milliards de dollars, soit le double de son niveau de 2010.

» Source de l'article: lematin

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