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LE MATIN

Lions de l’Atlas Zaki aux commandes : cap sur la CAN

06.05.2014 - 17:05

À la fin d’un scénario à suspense qui a duré plusieurs semaines, Baddou Zaki est de nouveau aux commandes de la sélection nationale A. Le président de la Fédération, Fouzi Lekjaa, a été très clair, le jour de la présentation de Zaki à la presse. Il s’est félicité de «cette rencontre attendue par l’opinion publique», en ajoutant que le choix du patron des Lions de l’Atlas a été fait selon «une approche participative et de consultation» avec les différents intervenants dans la chose footballistique. Il dit assumer entièrement la responsabilité de cette approche.

Et pour en donner la preuve et écarter toute suspicion, Lekjaa a lancé d’un ton ferme que «si jamais il y avait des révélations d’intrusion douteuse de la part d’un membre du Comité directeur pour tenter d’influencer le choix du coach, je démissionnerais». Mieux encore, Lekjaa a pointé publiquement un index accusateur sur les médias télévisuels étrangers et un portail électronique national pour avoir répandu la rumeur que le choix était sur un entraineur étranger. «J’ai reçu un SMS dans ce sens alors qu’à cet instant-là, j’étais en discussion dans mon bureau avec Zaki. À ces gens-là, je conseille d’aller opérer dans le secteur de l’immobilier». Mustapha Hadji, désigné adjoint de Zaki, dira à son tour plus tard : «Je demande à la presse de ne pas jeter de l’huile sur le feu». Un conseil malvenu à un moment où le thème était la solidarité.
Lekjaa : «Le Maroc n’est pas un centre de vacances»

Lekjaa ne décolère pas. Pour une fois, le nouveau président a perdu le sourire et abandonné son style diplomatique. «L’intérêt du Maroc et de son football ne doit pas être soumis aux enchères». La rumeur n’a décidément pas été digérée par Lekjaa qui y reviendra une autre fois : «le salaire de Zaki ne présente même pas la moitié de ceux réclamés par les autres candidats. On ne peut pas se charger de l’équipe nationale et vivre à Rome ou Amsterdam ou dans un palace au Maroc. Nous, il nous faut un entraineur qui côtoie le public dans sa vie quotidienne et en ressent la pression. Il faut qu’on sache, une fois pour toutes, que le Maroc n’est pas un centre de vacances». Justement, le volet matériel a été déterminant dans le choix du coach. «Zaki, Fakhir, Bouderbala et consorts n’ont pas posé de conditions salariales. Ils ont montré plutôt un grand enthousiasme pour servir la sélection et cela m’a beaucoup ému, car c’est un bon exemple de patriotisme».

Le président confie que, pour l’instant, seul le salaire mensuel de Zaki est connu. Il a été fixé à 500.000 DH. Un chiffre qui représente 20 à 40% des salaires réclamés par les candidats étrangers. Jouant la carte de la transparence, Lekjaa a indiqué que «le salaire de l’entraineur n’est pas un secret d’État. Je suis prêt à publier sur le Net le contrat de Zaki». Pour lui, ce qui prime est de parvenir à «ressusciter l’âme de l’équipe nationale». C’est la grande mission de Zaki qui s’est engagé à mener la sélection nationale en finale de la CAN 2015 prévue au Maroc, d’arriver au carré d’as à la CAN 2017 en Lybie et de se qualifier au mondial 2018 en Russie. Un défi que Zaki déclare pouvoir relever à condition que tout le monde s’y mette. En plus de Zaki, qui aura comme adjoints Mustapha Hadji et Saïd Chiba, en plus de Khalid Fouhami, entraineur des gardiens de but, la Fédération a nommé Mhamed Fakhir au poste de sélectionneur de l’équipe nationale des joueurs locaux et Aziz Bouderbala au poste de directeur sportif de l’équipe nationale A, chargé de la coordination avec la FRMF.
Déclarations

Baddou Zaki
«Je voyais mes chances réduites face à Advocaat et Trapattoni»
«Je remercie le président et la Fédération pour leur confiance dans le cadre marocain qu’ils ont réhabilité. Un honneur et une lourde responsabilité. On va prouver à tout le monde que cette décision était pertinente, car on va bâtir le team que souhaitent les Marocains. Notre sélection doit reprendre la place qui lui sied sur le plan africain et doit se réconcilier avec ses supporters. Je demande à la presse de nous épauler. On va essayer de programmer des rencontres périodiques avec les médias de manière professionnelle. Le public doit également être à nos côtés. Il faut qu’il y ait une mobilisation générale autour de l’équipe nationale. Je remercie ceux qui me considèrent comme l’homme de l’étape. C’est une nouvelle ère qui n’a rien à voir avec le passé. Le fameux ordre : “Laissez l’avion en marche, on va bientôt rentrer au pays”, est souvent dans mon souvenir.
Non, le temps n’est pas trop court pour préparer la CAN 2015, mais disons que j’aurais souhaité avoir un délai plus long. Mais je suis confiant qu’on peut gagner la CAN si tout le monde y croit et met la main à la pâte, d’autant plus que les joueurs ne manquent pas. Ma nomination ? Franchement, je voyais mes chances très réduites face à Giovanni Trapattoni et Dick Advocaat. En ce qui concerne mes collaborateurs, non, il n’y aura pas de problèmes avec eux, nous sommes des frères. On a oublié le petit malentendu.»

M’hamed Fakhir
«On doit valoriser le produit local»
«on doit valoriser le produit local et cesser d’importer, et ce pour toutes les catégories. Il y a de bons joueurs chez nous, en championnat et dans les ligues, qui sont au nombre de onze, et de l’École Mohammed VI. Cette sphère pourrait nous donner 40 bons joueurs qui seront donc suivis durant leur évolution dans leurs catégories respectives.
Le projet est qu’on prépare, supervise et sélectionne les joueurs, puis on en informe les responsables de la sélection A. Ce travail, qui commencera dès aujourd’hui, sera pour préparer l’ossature de l’équipe nationale pour le mondial 2018.

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