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LE MATIN

Crise en Ukraine : Poutine demande aux séparatistes pro-russes de reporter le référendum

09.05.2014 - 16:31

La veille, M. Poutine avait annoncé le retrait de ses troupes dépêchées à la frontière avec le voisin ukrainien. L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), qui évaluait les effectifs russes à 40.000 hommes, dit cependant ne pas avoir d’«indication» confirmant le retrait de ces troupes. Dans la foulée de l’inattendue annonce de retrait des forces russes, Vladimir Poutine avait demandé aux séparatistes pro-russes de reporter le référendum prévu pour le 11 mai sur la «déclaration d’indépendance» de la république autoproclamée de Donetsk. Mais le Président russe conditionne ce report par la cessation des opérations militaires de l’armée régulière ukrainienne : «si Kiev à son tour arrête son opération militaire et prend des mesures pour lancer un dialogue, alors cela peut sortir l’Ukraine de cette situation, qui en ce moment ne fait qu’empirer», a annoncé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Ces propositions ne semblent pas convaincre les autorités de Kiev dont le Premier ministre Arseni Iatseniouk accuse Poutine, selon l’AFP, de «vendre du vent» et qualifie de «terroriste» le projet de référendum d’autonomie de Donetsk. «L’opération antiterroriste va se poursuivre, quelles que soient les décisions (sur le référendum) des groupes subversifs ou terroristes de la région de Donetsk», a déclaré le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense, Andriï Paroubiï, lors d’un point de presse à Kiev. De son côté, la Maison-Blanche a affirmé ne pas disposer de preuves d’un retrait des troupes russes massées à la frontière ukrainienne tel qu’annoncé par le Président russe.

Les rebelles pro-russes, qui avaient semblé pris de court par l’annonce de M. Poutine, ont indiqué qu’ils allaient se réunir et feraient part de leur décision sur un éventuel report du référendum, rapporte l’agence française de presse.
«Il n’a pas à décider à notre place»

À Donetsk, chef-lieu régional et principale ville du bassin minier du Donbass, près de la frontière avec la Russie, une petite foule tendue s’est rassemblée hier jeudi devant le bâtiment de la mairie, occupé depuis la mi-avril par les insurgés pro-russes, a constaté l’AFP. «Poutine ne peut pas décider à notre place !» scandait la foule. Après des tractations, les rebelles pro-russes ont décidé de maintenir le référendum prévu pour dimanche prochain «Le référendum d’indépendance aura lieu le 11 mai», a déclaré à l’AFP Denis Pouchiline, chef indépendantiste de la république autoproclamée de Donetsk, pro-russe. Sur le plan économique, une trentaine de directeurs de sociétés étrangères se sont désinscrits de la liste des participants au Forum économique de Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie), prévu du 22 au 24 mai, en lien avec les tensions entre la Russie et l’Occident autour de l’Ukraine, a rapporté hier jeudi le quotidien pro-Kremlin «Izvestia». Selon le journal, qui affirme avoir comparé les listes initiales des participants avec la dernière version publiée, 34 directeurs de sociétés étrangères se sont finalement rétractés et ne participeront pas au forum.
Une présidentielle sous-tension

En plus du référendum sujet à controverse, la présidentielle ukrainienne, prévue pour le 25 mai s’annonce compliquée. Le chef d’État russe a admis qu’elle pouvait aller «dans le bon sens», tout en estimant qu’elle ne résoudrait «rien si les citoyens du sud-est de l’Ukraine ne comprenaient pas comment seraient garantis leurs droits» après le scrutin. Jusqu’à présent, Moscou, qui refuse de reconnaître les autorités provisoires de Kiev, jugeait «absurde» de tenir des élections dans le contexte actuel de violences, causées selon son ministre des affaires étrangères par une montée du «fascisme» en Ukraine.

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