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Nucléaire et gaz de schiste : le “ni oui, ni non” de la ministre de l’Environnement Le Maroc prochainement doté d’une Agence de sûreté nucléaire

19.02.2014 - 13:17
Le Maroc sera-t-il obligé de recourir à l’énergie nucléaire et au gaz de schiste pour subvenir à ses besoins énergétiques qu’il importe aujourd’hui à hauteur de 95% ? « Non », a répondu Hakima El Haïti, ministre déléguée chargée de l’Environnement.  Pour elle, le recours à ces deux sources d’énergie n’est pas d’actualité.
Invitée d’une émission de Luxe Radio, la ministre a précisé que le nucléaire n’est pas une alternative que le Royaume compte développer et il n’a pas la prétention d’utiliser l’énergie atomique. Mais qu’en est-il de l’accord entre le Maroc et la France sur le développement de celle-ci approuvé, jeudi dernier et visant à promouvoir l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire dans les domaines de la technologie, de la formation et de la sûreté ? Et qu’en est-il du Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN)  et du réacteur de recherche de 2 MW installé à La Maâmoura? « Aujourd’hui, on est en train d’expérimenter cette énergie », a-t-elle annoncé sans plus de détails.
Même constat concernant le gaz de schiste. La ministre déléguée redoute les problèmes environnementaux engendrés par l’extraction de ce gaz et les phénoménales quantités d’eau nécessaires à cette industrie. « Le Maroc manque de ressources en eau et doit connaître, dans les années à venir,  un déficit en ressources hydriques estimé à 500 milliards de m3. Et si on doit faire le choix entre l’exploitation du gaz de schiste et la préservation de nos ressources en eau, je croix que le choix de l’eau est évident », a-t-elle expliqué.
Hakima El Haïti estime à ce propos que malgré la richesse des réserves marocaines estimées à 68.000 milliards de pieds-cubes dont 11.000 milliards exploitables, le Maroc ne doit pas prendre ce sujet à la légère et doit faire attention.  Pourtant, la position de la ministre déléguée sur ces questions n’est pas définitivement tranchée puisqu’elle n’écarte pas l’hypothèse d’un recours éventuel à ces énergies dans l’avenir si les techniques d’exploitation se développent davantage et deviennent moins polluantes.  Des propos  confirmés par Abdelkader Amara, ministre de l’Energie, dans un récent entretien accordé au site « L’usine nouvelle ». Pour lui,  l’option du nucléaire reste toujours ouverte même s’il assure qu’aujourd’hui aucune décision n’a été prise à ce propos. « Tout ce que nous avons fait jusqu’à maintenant se rapporte au CNESTEN, qui exploite un réacteur de recherche de 2 MW. Cela nous permet de répondre à des besoins médicaux radiologiques et de santé comme je vous l’ai dit », a-t-il indiqué.
Le ministre a, par ailleurs, expliqué que son département est en train de travailler sur le cadre législatif afférent à cette question et qu’un texte portant sur une future Agence de sûreté nucléaire va prochainement être débattu au Parlement. «  Pour l’instant, nous en sommes au stade de la réflexion et des échanges avec l’Agence internationale de l’énergie atomique. Une décision lourde comme celle de se doter d’un réacteur nucléaire commercial ne se prend pas du jour au lendemain. On ne construit pas une centrale nucléaire comme une centrale à charbon! », a-t-il conclu.
» Source de l'article: liberation

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