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Fruits et légumes marocains dans une mauvaise passe

14.04.2014 - 09:16
Dans une action en parfaite contradiction avec les dispositions de l’Accord d’association liant le Maroc à l’Union européenne (UE), la commission de l’agriculture au sein du Parlement européen a adopté, lundi, une proposition de règlement (un acte délégué) portant sur la réforme de l’organisation commune des marchés des produits agricoles, qui prévoit   la modification du régime des prix d’accès des fruits et légumes marocains aux marchés européens.
 L’éventuelle adoption finale de cette décision ne sera, certainement pas sans conséquences néfastes, voire désastreuses, pour les exportations marocaines des produits agricoles, en particulier, celles des tomates, dont les recettes en devises ont dépassé 2,7 milliards de dirhams en 2011.
Une telle décision peut donc priver le Maroc d’une véritable manne financière durant les sept prochaines années.
A titre d’exemple, les   exportations de tomates du Royaume en direction de l’Europe ont  enregistré une hausse de 123 % en moins de 10 ans. Le Maroc, qui avait exporté 163 millions de kilogrammes de tomates vers l’Union européenne (UE) en 2004 en a exporté vers ce marché 365,62 millions kilogrammes au cours de la saison précédente. Sur cette période, le prix du fruit a enregistré une insignifiante hausse en passant de 0,73 euros à 0,77 euros le kilogramme.
Ressentant le danger, la présidence du gouvernement ainsi que le ministère de tutelle, ont, dans une réaction plutôt tardive, exprimé leur inquiétude et leur  «grande préoccupation» quant à l’éventuelle mise en œuvre de ce projet de réforme de l’organisation des marchés.
Ainsi, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, Aziz Akhannouch, a-t-il exprimé son étonnement de cette orientation vers la modification du système de prix d’entrée des fruits et légumes marocains sur le marché européen. Pour lui, cette démarche est aussi étonnante qu’incompréhensible de la part d’un partenaire historique tel que l’Union européenne». Et de souligner, dans une déclaration à la MAP, qu’elle constitue «un retour en arrière sur des négociations qui ont mobilisé pendant une longue période les responsables marocains et européens».
«Nous nous sommes réjouis de la signature d’un accord qui se distinguait par son équité et son équilibre (…) voilà qu’il risque aujourd’hui d’être déséquilibré, autant dire «confisqué» à cause d’une action en parfaite contradiction avec les conditions convenues», a-t-il noté.
Dans ce sens, le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, qui a convoqué, jeudi, le chef de la délégation de l’UE à Rabat, Rupert Joy, a, au lieu d’objecter, demandé à l’UE de trouver rapidement des solutions concrètes pour préserver les acquis contractuels du Royaume et maintenir le flux traditionnel des exportations marocaines des fruits et légumes sur le marché européen, conformément aux dispositions de l’Accord agricole.
Lors de cet entretien avec le  chef de la délégation de l’UE à Rabat, Benkirane a exprimé au responsable européen «la profonde préoccupation» du gouvernement quant à «l’impact négatif» de ces nouvelles dispositions, indique un communiqué de son département.
L’adoption de ce nouveau mécanisme, décidée «unilatéralement» par l’UE, est en contradiction effective avec les engagements de l’Union au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), car elle ignore totalement les dispositions pertinentes de l’Accord d’association liant le Maroc à l’Union européenne, ajoute le communiqué.
Dans ce sens, le communiqué note que l’article 20 de l’Accord d’association impose à la partie qui souhaite procéder à une modification de sa règlementation en matière de politique agricole, d’en informer, à l’avance, le Comité d’association. Un tel changement de régime constitue un recul majeur, voire une remise en cause des dispositions de l’Accord agricole, qui vient à peine d’entrer en vigueur, regrette la même source.
Notons que le Conseil de gouvernement, réuni jeudi à Rabat, a suivi un exposé du ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime concernant l’adoption, le 7 avril, a l’issue duquel le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, a organisé un point de presse dans lequel il a indiqué que «le gouvernement estime que cette décision pourrait engendrer des «retombées catastrophiques» sur les conditions d’accès des producteurs de fruits et légumes marocains, notamment la tomate, aux marchés européens.
» Source de l'article: liberation

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