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Libération

Sur les chemins des phosphates: Un docu-fiction sur la classe ouvrière

05.01.2017 - 00:15

Tout un pan de l’histoire du Maroc est raconté dans ce film documentaire de plus de 80 minutes, depuis les convoitises européennes sur le Maroc au XIXe siècle, jusqu’à l’Indépendance et le retour d’exil du Roi Mohammed V en 1955. Avec un focus sur l’émergence de la classe ouvrière aux années 1930

Le tandem Mohamed Nadrani et Malika El Manoug a déjà collaboré en 2014 pour produire un premier long-métrage en langue amazighe, «Twanza». Un film inspiré de faits réels ayant eu lieu dans la région de Taroudant. Cette fois-ci, le duo a mis son talent pour réaliser un film documentaire plus collé au réel.  L’opus s’intitule «Sur les chemins des phosphates», un travail de recherche qui a duré 2 ans, où Mohamed Nadrani, déjà auteur de bandes dessinées et d’un livre sur les années de plomb (lui-même ancien détenu politique disparu à Kalaât Magouna et Agdez aux années 1980) s’est totalement investi pour interroger l’histoire, documents, archives et photos historiques à l’appui. Malika El Manoug, la réalisatrice de «Twaza», est appelée alors pour participer à cette nouvelle aventure cinématographique. C’est tout un pan de l’histoire du Maroc qui est montré dans ce film documentaire de plus de 80 minutes, depuis les convoitises européennes sur le Maroc au XIXe siècle, jusqu’à l’Indépendance et le retour d’exil du Roi Mohammed V en 1955. Avec un focus sur l’émergence de la classe ouvrière aux années 1930, après la découverte des mines des phosphates dans le bassin de  Khouribga et région; et sur la naissance de l’OCP (le 7 août 1920), l’entreprise créée par la France pour exploiter cette richesse minière. Cette découverte faite par M. Platon est le fruit du hasard, raconte le film, c’est elle qui va donner naissance à cette agglomération baptisée Khouribga, surgie des entrailles du plateau des Ouled Abdoun, et aux premiers rails des chemins de fer pour transporter le phosphate extrait jusqu’au port de Casablanca.
Projeté pour la première fois à Khouribga le 19 décembre dernier lors de son dernier festival du film documentaire, le film est plutôt bien accueilli, et l’histoire telle que racontée et commentée en paroles et en images a en tout de quoi séduire. Le film n’est pas encore visionné par la commission de sélection au prochain festival du film national de Tanger, puisque ses auteurs n’ont même pas encore déposé leur copie. Mais, signe prometteur, il a déjà été retenu pour participer au prochain festival du film de Toronto au Canada qui se tient au mois de mai prochain.

 

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