Le corps d'un etarra disparu en France depuis onze mois retrouvé dans une morgue
Onze mois durant, le corps de Jon Anza Ortunez sera resté, anonyme, à la morgue de l'hôpital Purpan à Toulouse. Disparu le 18 avril 2009, ce militant indépendantiste basque - dont ETA avait, fait exceptionnel, revendiqué l'appartenance -, a été formellement identifié jeudi soir 11 mars, par l'empreinte digitale de l'un de ses doigts. L'homme, âgé de 47 ans, était recherché par la police judiciaire dans le cadre d'une enquête ouverte le 20 mai 2009 par le parquet de Bayonne pour 'disparition inquiétante'.
Sa famille et sa compagne n'avaient plus de nouvelle de lui depuis qu'il avait pris le train de Bayonne pour Toulouse. Mais aucune investigation lancée n'avait abouti, et l'ETA avait accusé la police espagnole d'avoir enlevé et éliminé Jon Anza qui devait, selon ses dires, lui remettre une forte somme d'argent.
C'est finalement un banal échange, il y a quelques jours, entre une employée de l'institut médico-légal et un policier qui a permis d'identifier le corps. Le 20 mai 2009, l'hôpital Purpan, comme d'autres établissements de la région, avait pourtant fait l'objet de réquisitions de la part des enquêteurs, photo à l'appui du militant basque. Le 4 juin, Purpan répondait par la négative. Or, depuis plus d'un mois, Jon Anza était dans ses murs. Dans la nuit du 29 au 30 avril 2009, vers minuit, les pompiers l'ont trouvé penché sur une jardinière, dans une rue de Toulouse, en état 'd'arrêt respiratoire'. Transféré à l'hôpital Purpan, il sombre dans le coma et décède le 11 mai. Depuis, il était à la morgue, sous X. Contacté vendredi, l'établissement s'est refusé à tout commentaire.
L'etarra, qui vivait sur le sol français depuis 2004, après avoir passé vingt ans de prison en Espagne, n'avait sur lui, au moment de son malaise, que deux billets de train aller-retour Toulouse-Bayonne, et 500 euros. Aucun papier d'identité. Selon les premières constatations sur place des pompiers, indique la procureure de Bayonne, Anne Kayanakis, jointe par téléphone, 'il ne portait pas de traces de violence'. Mais pourquoi, alors qu'il souffrait d'un grave cancer d'un nerf optique, ne s'est-il pas rendu au rendez-vous qu'il avait dans un hôpital le 24 avril, cinq jours avant son malaise ? 'L'enquête continue, précise la procureure, pour rechercher les circonstances exactes de la mort de Jon Anza.' Une autopsie devait être pratiquée le 15 mars.
Source : Yahoo - Monde
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