PO: Obama doit désormais convoquer les parties autour d'un plan de paix (Barnavi)
L'administration américaine donne une impression de "cafouillage" sur le Proche-Orient, et le seul moyen de sortir de l'impasse est de désormais "convoquer" Israéliens et Palestiniens "en posant un plan de paix sur la table", estime l'historien israélien Elie Barnavi.
L'ancien ambassadeur en France a récemment publié "Aujourd'hui ou peut-être jamais. Pour une paix américaine au Proche-Orient".
Q- Comment analysez-vous les déclarations de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton qui a salué une offre israélienne de gel partiel des nouvelles implantations en Cisjordanie, alors que l'administration Obama cherchait à obtenir l'arrêt total de la colonisation ? R- L'administration Obama a grimpé sur un arbre trop haut pour elle, et visiblement, n'a pas su comment en descendre. Donc, elle est descendue de cette manière qui est peu glorieuse. Ca donne une impression de cafouillage, de reculade.
Je pense que c'était une erreur d'exiger cet arrêt (de la colonisation), il aurait mieux fallu le présenter à l'intérieur d'un plan de paix global, au sein duquel de toutes manières, l'arrêt de la colonisation aurait été prévu fatalement.
Mais déjà, si on le demandait, il ne fallait pas reculer. La pire chose qui puisse arriver à un président américain, c'est de donner des signes de faiblesse, surtout au Proche-Orient.
Q- L'administration Obama avait-elle réellement les moyens d'imposer un gel total de la colonisation? Q- C'était faisable à condition d'être déterminé à aller jusqu'au bout, y compris par l'effondrement de la coalition (de droite au pouvoir en Israël, ndlr). Mais Obama a offert à Netanyahu le choix entre perdre sa coalition (en faisant des concessions sur la colonisation, NDLR) et rien, pas de sanctions. Il a perdu le premier round à ce moment-là. Le Premier ministre israélien a regardé autour de lui, et s'est dit: "Si j'accepte ce que les Américains veulent, le jour-même, je n'ai plus de coalition. Si je ne le fais pas, je passe pour un héros aux yeux de mon propre camp, et il ne m'arrivera rien puisque je ne suis menacé de rien".
Q- Comment relancer désormais les négociations de paix alors que les Palestiniens continuent d'exiger l'arrêt de la colonisation comme préalable à toute discussion? R- Le seul moyen de s'en sortir, c'est de convoquer les parties en posant un plan (de paix) sur la table. A cela, personne n'osera lui dire non. Si Mahmoud Abbas (président de l'Autorité palestinienne) acceptait maintenant de négocier en abandonnant ce préalable, il serait encore plus affaibli. En revanche, avec une convocation ferme sur un plan précis du président américain, il pourrait y aller la tête haute en disant: "voilà, il n'y a pas moyen de dire non".
C'est encore rattrapable, mais il faut qu'il fasse vite. Seuls les Américains peuvent vraiment imposer la paix au Proche-Orient. Mais pour que ça marche, il faut montrer qu'on entend bien faire en sorte que ça marche et qu'on passera en force si nécessaire, et pour l'instant, ce n'est pas encore le cas.
(Propos recueillis par Claire SNEGAROFF)
AFP : 05.11.2009 - 12:55:17












