Rions un peu avec Julius Malema
Quand Julius Malema tient un sujet, impossible de le lui faire lâcher. Quand il entre dans une salle, on ne peut s'empêcher de l'écouter. Avec ces deux atouts, le président de la Ligue de la jeunesse de l'ANC (Ancyl) est certain que son cheval de bataille, la nationalisation des mines en Afrique du Sud, ne sera pas oublié. Beaucoup de monde, pourtant, s'y est employé, à commencer par les responsables de son parti, l'ANC (Congrès national africain), arrivé au pouvoir en 1994 après plusieurs décennies de lutte contre le pouvoir blanc, la discrimination et l'apartheid.
Fallait-il, alors, nationaliser les piliers économiques du pouvoir blanc, à commencer par les mines, sur lesquelles le pays avait bâti sa prospérité ? L'ANC l'avait pensé quand ses leaders étaient en exil, en prison ou dans la clandestinité. Puis, après 1990, avec la fin de l'interdiction de l'ANC et de ses alliés, ce projet avait été abandonné au milieu du grand compromis qui avait permis au pouvoir politique noir de s'établir en laissant à peu près intact le pouvoir économique blanc.
Depuis, les mécanismes pour intégrer des responsables noirs au sommet de l'économie ont montré leurs limites, et l'exaspération d'une jeunesse dont près de la moitié est au chômage est de plus en plus perceptible. A cette jeunesse, les formules sages de l'ANC ne suffisent plus. Julius Malema a les mots qu'il faut pour entraîner derrière lui les désespérés du faux miracle sud-africain. La nationalisation des mines est devenue son étendard.
Mercredi 8 septembre, à une conférence sur les mines qui se tenait à Johannesburg ('Mining for change', 'L'activité minière pour le changement'), il revient à la charge. 'Ceux qui risquent leur vie dans les mines, qu'ils en reçoivent le bénéfice', s'écrie-t-il, et la salle l'applaudit. 'Les propriétaires ? Ils ne savent même pas où sont leurs mines. Ils rentrent du golf, ils jettent un oeil sur leur relevé bancaire, et s'ils voient que ça baisse, ils se mettent en colère, c'est tout.' Les compagnies minières ? 'Elles volent les pauvres ! Sans honte !' Conclusion : 'Il nous faut plus d'argent pour payer les enseignants et les infirmières. Cet argent, où est-il ? Dans l'exploitation des mines. Voici pourquoi il nous faut nationaliser les mines.'
Source : Yahoo - Monde












