Habitat social: Le gouvernement met la FNPI au pied du mur
Le gouvernement veut faire de 2010 l'année de l'habitat social et visiblement il entend mettre tout en œuvre pour atteindre cet objectif. Mercredi dernier dans la matinée, il a signé un important accord avec le GPBM. Dans l'après-midi du même jour, il a rencontré les représentants de la FNPI.
C'est dire à quel point l'Etat s'impatiente pour traduire dans les fait les directives de S.M. le Roi relatives à la relance de ce secteur. Lors de la réunion avec les promoteurs immobiliers, le gouvernement était représenté par les trois principaux ministres concernés : Salaheddine Mezouar, Taoufik Hejira et Saad Hassar. Du côté de la FNPI, étaient présents notamment, le président de la Fédération, Youssef Benmansour et le patron du groupe Addoha, Anas Sefrioui.
Pour le gouvernement, la réunion était destinée avant tout à faire passer un message sans la moindre équivoque : L'Etat a consenti des efforts exceptionnels en concédant plusieurs avantages aux promoteurs immobiliers, notamment des mesures fiscales incitatives. Il attend en échange que ces derniers se montrent reconnaissants. Question de renvoyer l'ascenseur. «Le gouvernement veut un engagement ferme de la part de la FNPI sur la base d'objectifs clairs et avec des résultats dans moins de six mois. Il a répondu favorablement à toutes les requêtes de la profession. Il veut donc que celle-ci joue son rôle de catalyseur.
Plus concrètement, que compte faire la FNPI pour accompagner la dynamique que l'Exécutif entend imprimer à l'habitat social ?», a martelé à l'unisson le trio représentant le gouvernement. Devant la fermeté du ton de l'Exécutif, la FNPI n'avait pas (encore) grand-chose à annoncer en guise de programme ou de plan d'action. «On en est encore à l'étude des conventions et des cahiers des charges», a indiqué Y. Benmansour.
En revanche, le gouvernement a eu droit aux sempiternelles plaintes sur «les problèmes qui entravent l'essor du secteur» et que Touafik Hejira a vite fait de faire voler en éclat. En effet, l'Etat qui semble déterminé plus que jamais à remettre sur les rails l'habitat social, avait déjà identifié les facteurs de blocages qui ont toujours constitué l'argumentaire de la FNPI
Plus concrètement, que compte faire la FNPI pour accompagner la dynamique que l'Exécutif entend imprimer à l'habitat social ?», a martelé à l'unisson le trio représentant le gouvernement. Devant la fermeté du ton de l'Exécutif, la FNPI n'avait pas (encore) grand-chose à annoncer en guise de programme ou de plan d'action. «On en est encore à l'étude des conventions et des cahiers des charges», a indiqué Y. Benmansour.
En revanche, le gouvernement a eu droit aux sempiternelles plaintes sur «les problèmes qui entravent l'essor du secteur» et que Touafik Hejira a vite fait de faire voler en éclat. En effet, l'Etat qui semble déterminé plus que jamais à remettre sur les rails l'habitat social, avait déjà identifié les facteurs de blocages qui ont toujours constitué l'argumentaire de la FNPI.
Ainsi au problème du foncier que les promoteurs ont souvent, invoqué pour expliquer le peu d'intérêt qu'ils portent au logement social, T. Hejira a rappelé la décision de l'Etat de mobiliser 3853 hectares.
S'agissant du financement, le responsable gouvernemental a souligné que le problème ne se posait plus. Pour lui, le GPBM s'était engagé clairement à accompagner ce chantier d'importance cardinale. Les avenants signés mercredi dernier dans la matinée permettront aux pauvres et aux personnes sans revenus réguliers de contracter un prêt de 250.000 DH garanti par l'Etat.
Et pour mieux servir les promoteurs, «la conservation foncière a créé des comités régionaux pour réagir vite aux demandes de ces derniers. Un site web sera créé. On y trouvera les conventions types ainsi que le cahier des charges», a-t-il ajouté.
Le foncier sera donc disponible. Idem pour le financement. Reste la question des autorisations qui a toujours constitué -il faut le reconnaître- une pierre d'achoppement à l'essor du secteur. Avec raison, Youssef Benmansour a insisté sur ce point, rappelant qu'il était anormal que l'obtention d'une autorisation prenne jusqu'à 12 mois.
Là, Saad Hassar, au nom du ministère de l'Intérieur, s'est engagé de la manière la plus solennelle à délivrer les autorisations au pire dans un délai de 4 semaines. Il a affirmé également que des instructions claires avaient été données aux walis et gouverneurs pour assurer un suivi rigoureux des dossiers.
«Une demande d'autorisation sera examinée deux fois seulement. Soit elle est acceptée, soit elle est rejetée. Les collectivités locales sont prêtes à vous accompagner mais nous voulons en contrepartie un partenariat transparent et respectueux des lois en matière d'habitat» a-t-il précisé.
Avantages fiscaux, disponibilité du foncier, facilités de financement, engagement à régler les complications administratives relatives aux autorisations, la FNPI ne pouvait pas mieux espérer.
Youssef Benmansour a reconnu l'importance des «gestes» faits par l'Etat. «Ce qu'on a obtenu est extraordinaire : plus de visibilité, plus d'ouverture sur les PME et le souci de la qualité», a-t-il dit, soulignant que le secteur était «sensibilisé et mobilisé».Il a promis ainsi de discuter dans les prochains jours des conventions et des cahiers des charges et de livrer la copie de la FNBTP dans quelques jours.
Déterminé à obtenir des résultats tangibles dans les plus brefs délais, l'Etat s'est employé à répondre à toutes les doléances de la profession. Ce faisant, il a mis les promoteurs au pied du mur. Ils ne peuvent plus invoquer aucun prétexte pour justifier la mollesse qui a toujours caractérisé leur engagement pour l'habitat social.
Seront-ils capables de faire de 2010 l'année de l'habitat social comme chacun l'appelle de son vœu. Les prochains mois nous diront s'ils vont relever le challenge ou s'ils vont continuer à défendre leur pré carré et à tirer profit d'une situation où le flou le dispute au «noir».
De la réunion du gouvernement avec la FNPI, il ressort que l'Exécutif a rempli sa part du contrat. La balle est dans le camp des promoteurs. Ceux-ci ont toujours eu des problèmes réels, il faut bien le reconnaître. Devant les avantages offerts par l'Etat, ils se disent satisfaits quoiqu'ils semblent être encore sceptiques. Par exemple, selon la FNPI, le foncier existe mais encore faut-il qu'il soit équipé. La question des plans d'aménagement et des schémas directeurs reste encore posée selon elle. Car, beaucoup de zones sont non encore couvertes.
Saad Hassar, le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, a promis de régler le problème des schémas directeurs le plus vite possible, précisant que cela prendrait au moins 24 mois.
Les promoteurs ont insisté sur la nécessité de résoudre le problème des autorisations qui constituent selon eux le premier facteur de blocage. Là encore, la fermeté de S. Hassar n'avait d'égal que la précision du délai fixé pour la délivrance des autorisations. «A supposer bien entendu que le dossier de la demande d'autorisation soit complet.»
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