L'ambassadeur argentin appelle à une forte implication du secteur privé
L'affirmation est de l'ambassadeur de la République d'Argentine à Rabat, José Pedro Pico, qui était en visite dans les locaux du Groupe Maroc Soir à Casablanca. Le diplomate argentin qui était accompagné du premier secrétaire de l'ambassade chargé des affaires économiques, Pablo M. Pineiro Aramburu, a appelé à l'activation des rencontres entre les entrepreneurs dans le cadre du Conseil d'affaires maroco-argentin. «Pour renforcer ces relations, nous avons créé un cadre formel, légal pour donner plus d'opportunités au secteur privé des deux pays pour qu'il puisse mieux coopérer.
Toutefois, ce cadre n'a pas eu de succès, car les rencontres des hommes d'affaires ne sont pas régulières. En 2008, il y a eu des échanges commerciaux intenses qui n'ont malheureusement pas été diversifiés», a-t-il expliqué. Pour lui, la distance lointaine qui sépare les deux pays, la méconnaissance des deux marchés et la difficulté de trouver certaines niches de partenariat, constituent des facteurs importants qui empêchent l'intensification des échanges commerciaux. J. Pedro Pico a formulé l'espoir que la prochaine session de la commission mixte bilatérale qui devrait se tenir au courant de cette année puisse définir un agenda pour l'approfondissement des relations bilatérales et la promotion d'un partenariat mutuellement avantageux.
Dans ce cadre, il a annoncé la constitution éminente d'un groupe d'amitié maroco-argentine qui aura pour mission d'apporter sa contribution à l'effort d'approfondir les relations bilatérales, qui remontent à un demi siècle. Le diplomate argentin a également évoqué les chantiers de réformes engagés au Maroc et les projets réalisés et ceux en cours, dans les domaines de l'amélioration des conditions de la femme et de la promotion des droits de l'Homme.
S'agissant de la question du Sahara marocain, J. Pedro Pico a réitéré la position de son pays qui ne reconnaît pas la «rasd» et soutient les efforts du secrétaire général des Nations unies dans la recherche d'une solution politique négociée entre les parties.
Il faut noter que la visite effectuée par S.M. le Roi Mohammed VI à Buenos Aires en 2004 a balisé le terrain politique en donnant une nouvelle impulsion aux relations entre le Maroc et l'Argentine. «Depuis cette date, au moins une mission commerciale par an fait le voyage au Maroc. Celle-ci arrive à trouver des niches commerciales dans des secteurs comme le miel, les fruits secs, les pièces détachées
Toutefois, il est souhaitable que la mission marocaine vers l'Argentine soit aussi régulière», a également observé le premier secrétaire de l'ambassade chargé des affaires économiques, Pablo M. Pineiro Aramburu.
Aujourd'hui, le Royaume est le premier fournisseur de l'Argentine dans le monde arabe, alors que l'Argentine occupe le 14e rang parmi les fournisseurs du Royaume.
Le Maroc exporte vers l'Argentine essentiellement des phosphates et dérivés, des produits d'origine végétale et animale et des produits textiles et confection, et en importe notamment des produits énergétiques et agroalimentaires, ainsi que des machines et appareils divers.
La balance commerciale est très favorable à l'Argentine puisque le Maroc n'exporte vers ce pays que 10% de ses produits.
A noter que l'Argentine, dont la superficie représente deux fois et demie celle du Maroc, est numéro 1 mondial en matière d'exportation de tournesol.
Elle exporte aussi du soja transgénique, et beaucoup de produits fruitiers, du maïs, du blé, de la canne à sucre, sans oublier les viandes bovine et ovine et plusieurs minerais.
Autrement dit, le Maroc peut constituer un partenaire considérable qui permettra à l'Argentine de cibler d'autres pays de la région, d'autant plus que le Royaume est lié par une série d'accords de libre-échange avec les Etats-Unis, la Turquie, la Jordanie, l'Egypte et la Tunisie, et par un accord d'association avec l'Union européenne.
L'Argentine est membre permanent du Mercosur (Communauté économique des pays de l'Amérique du Sud) avec le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et le Venezuela; cinq autres pays y sont associés : la Bolivie, le Chili, le Pérou, la Colombie et l'Équateur.
Buenos Aires participe activement aux discussions entre les pays du Mercosur et le Maroc, liés depuis novembre 2004 par un accord-cadre qui prévoit, à terme, la création d'une zone de libre-échange et la conclusion d'un accord préférentiel sur les tarifs douaniers.
Dans ce sens, José Pedro Pico a relevé la volonté politique des deux parties d'approfondir la coopération bilatérale, particulièrement dans le domaine technologique, à la faveur des accords bilatéraux en vigueur. Mais, le diplomate ne manque pas de rappeler que les opérateurs du secteur privé des deux pays sont attendus pour plus de dynamisme.
Source : Lematin












