Le premier diagnostic issu du débat national
L'enjeu est de taille ! En effet, il ne s'agit pas d'entrer dans un débat stérile mais plutôt de mettre en place les canaux de communication nécessaires susceptibles d'arriver à des résultats concrets. Jusque-là, l'unanimité est recueillie autour de la nécessité de promouvoir l'entreprise de presse, de qualifier les ressources humaines et de réformer l'arsenal juridique. Le changement s'impose dans une ère marquée par la tension entre les médias et les pouvoirs publics. Le coordinateur général du débat Jamal Eddine Naji est confiant quant à l'issue du dialogue. «Nous sommes en train d'élaborer un diagnostic approfondi du secteur pour rapprocher les visions des différents acteurs.
On collectera par la suite l'avis des citoyens», dit-il. Les membres de la commission chargée du dialogue national espèrent une autorégulation de la profession. Cela passe non seulement par le respect de la déontologie mais également par la structuration des entreprises de presse ; un volet présent en force au cours des premières auditions. En effet, les différents intervenants s'accordent à souligner que la fragilité de l'entreprise de presse influence négativement le contenu journalistique. C'est ce que tient à indiquer Khalil Hachimi Idrissi, président de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ), qui estime qu'il existe une relation étroite entre «la fragilité de l'entreprise de presse et son mauvais produit journalistique». Un constat souligné de part et d'autre. En effet, un journaliste est en fin de compte un salarié qui doit bénéficier de tous ses droits sociaux pour produire un contenu professionnel et déontologique.
Ainsi, les discussions au cours des premières auditions ont été axées sur le journaliste: accès à la profession, formation, droits sociaux La parlementaire Fatiha Ayadi estime qu'il s'avère désormais de la plus haute importance de définir les critères permettant de pratiquer le métier du journaliste : «Les avocats, les médecins, les architectes ont un statut spécial. Le journalisme doit cesser d'être le métier de ceux qui n'ont pas de profession», souligne-t-elle. Par ailleurs, le système juridique actuel est pointé du doigt. Le secteur ne pourra pas évoluer sans un code de presse équitable et moderne. L'ambition à l'heure actuelle est d'arriver à émettre des recommandations concrètes susceptibles de changer le milieu médiatique. Jamal Eddine Naji promet que les propositions seront susceptibles d'atteindre le développement souhaité. Rien n'est impossible, selon lui. Il faut juste une volonté pour arriver aux desseins tracés.
La volonté est d'ailleurs affichée par le ministère de la Communication. Lors de l'annonce officielle de l'ouverture du débat il y a quelques semaines, Khalid Naciri a souligné l'adhésion du ministère à ce projet de réflexion pour changer la réalité actuelle à l'instar des autres secteurs qui connaissent des réformes importantes. Le responsable gouvernemental avait signalé qu'il est temps pour les médias d'évoluer selon une plate-forme étudiée vu que ces derniers représentent un acteur essentiel et incontournable pour l'animation de la vie démocratique au Maroc.
Source : Lematin
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