Le prochain round démarrera sur fond d'anciennes doléances
La rentrée sociale s'annonce animée. Les centrales syndicales fourbissent leurs armes et attendent sans grande conviction le démarrage du prochain round du dialogue social qui devra avoir lieu au cours de ce mois de septembre. Jusqu'à présent, aucune date n'a encore été fixée par l'Exécutif. Les partenaires sociaux ne cessent de décocher leurs flèches envers le gouvernement depuis la fin du round d'avril qui ne s'est soldé avec aucun accord. Ils dressent un bilan négatif des dernières tractations.
Hormis la suppression des échelles allant de 1 à 4, tous les dossiers sont restés en suspens. Chaque partie campe sur sa position. Les prochaines négociations devront démarrer sur fond des anciennes requêtes.
Même le point des indemnités pour les zones éloignées et difficiles d'accès qui a recueilli l'accord de principe de la part des syndicats traîne encore alors qu'on croyait de part et d'autre que c'est un dossier presque acquis. En effet, bien que le gouvernement se soit conformé à la doléance des syndicats en portant le montant de l'indemnité de 700 dirhams brut à 700 dirhams net, le différend persiste vu que les partenaires sociaux réclament la généralisation de cette mesure. Le blocage se situe au niveau de la définition des zones bénéficiaires.
L'indemnisation en cas de perte d'emploi est un autre dossier qui devait voir le jour lors du dernier round. Mais il demeure encore au stade de la réflexion au sein de la CNSS. Selon le syndicaliste de l'UMT, Abderrahim El Handouf, les débats sont encore en cours à propos des différents scénarios. La problématique est plutôt liée au financement : « Chaque scénario a un coût. Les syndicats avaient accepté que le salarié cotise même si le code du travail est clair en la matière et stipule que cette indemnité devra être à la charge de l'employeur. En dépit de cette concession, rien ne filtre encore. Je pense qu'il faut agir progressivement à l'instar de la mise en place de l'AMO dont l'approche a révélé son efficacité », dit-il. Sur le volet de l'amélioration des revenus des fonctionnaires, bon nombre de syndicalistes indiquent qu'il n'est pas nécessaire d'opérer une augmentation directe des salaires en ces temps de crise, mais il existe bon nombre de moyens pour opérer cette amélioration.
C'est ce que pense Larbi Habchi de la fédération démocratique du travail qui met en avant des actions indirectes susceptibles d'augmenter les revenus des fonctionnaires comme la réduction du coût de l'enseignement, la mise en place des logements à prix abordable, la répartition équitable des richesses. D'ailleurs, la FDT proposera encore une fois au Parlement la création de l'impôt sur la fortune. «L'effort collectif exige la participation des riches à la résolution des aléas de la crise. », indique le syndicaliste de la FDT. Les centrales accusent le gouvernement de manque de volonté pour faire aboutir les doléances du cahier revendicatif qui trainent depuis l'institutionnalisation du dialogue social. On estime que même les points qui ne nécessitent pas un budget n'ont pas été concrétisés notamment les requêtes ayant trait aux libertés syndicales.
Il s'agit, entre autres, de la suppression de l'article 288 du code pénal qui stipule que quiconque aurait recours à la force, aux menaces ou à des activités frauduleuses visant à provoquer un arrêt de travail afin d'obliger à une modification salariale ou mettrait en péril le libre exercice du travail, encourt des peines de prison allant de un mois à deux ans. «Les gouvernements qui se sont succédé se sont engagés à faire un pas en la matière.
Mais jusqu'à présent, rien de concret n'a été réalisé », dit M. Handouf.
Projet de loi de FinancesLes centrales syndicales espèrent renouer le dialogue avec le gouvernement avant la soumission du projet de loi de Finances 2011 au Parlement. Elles veulent en discuter les grandes lignes et émettre leur proposition en amont. On appelle le gouvernement à reformuler ses orientations et les adapter à la conjoncture internationale en misant sur le volet social. Du côté du gouvernement, on a déjà signalé à plusieurs reprises que les acquis sociaux seront maintenus en dépit des effets négatifs de la crise économique internationale. L'argentier du Royaume Salaheddine Mezouar se veut rassurant sur ce point-là. D'ailleurs, les dernières lois de finances ont accordé un grand intérêt aux secteurs sociaux notamment la santé et l'enseignement.
Source : Lematin
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