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Le tandem RNI-UC partage sa vision avec l'élite

Publié le: 02/09/10

Ses ministres au complet ainsi que bon nombre de ses députés. Salaheddine Mezouar, président du parti et ministre des Finances, jubilait de voir autant de personnes rester jusqu'à la fin des débats, bien que la plupart soient restées sur leur faim. Non que les plats étaient inconsistants, mais le vrai plat de résistance que tout le monde attendait à savoir le détail ou du moins les grandes lignes des propositions conjointes du RNI et de l'UC soumises à la Commission consultative de la régionalisation (CCR) a fait défaut. Contrairement aux autres partis qui ont parlé sans complexe de leurs idées sur, par exemple, le nombre des régions qu'ils estiment adéquat, la fiscalité locale, le transfert des compétences, la vocation économique de chaque région…, le tandem RNI-UC a jugé bon que leur copie reste sous-scellée. Mais pour Mezouar, le fait que son parti entame sa rentrée dans la région de Casablanca est un signal de son engagement dans le chantier de la régionalisation. L'événement, explique-t-on, est à l'initiative du bureau régional de Casablanca.

Une manière de montrer que le parti se régionalise en accordant une plus grande liberté à ses antennes et bureaux et en organisant des universités régionales. Plus encore, l'on estime qu'il est le premier parti avec l'UC à attirer l'attention sur la nécessaire ouverture de chaque région du pays sur son environnement régional : l'Oriental sur le Maghreb, le Sud sur l'Afrique subsaharienne, le Nord sur l'UE. Toutefois, il nous semble se rappeler que l'importance de l'économie transfrontalière dans le processus de régionalisation a déjà été mise en exergue. N'empêche que durant cette soirée de mercredi, le charisme de Mezouar et ses atouts de redoutable orateur ont compensé le manque d'informations. L'Argentier du pays reconnait que nul ne peut présenter une recette toute faite sur le sujet. «Nous sommes venus pour ouvrir un débat avec nos partenaires de l'UC et avec l'élite du pays».

Tout à son honneur de mesurer la complexité de la chose alors que bon nombre de formations politiques se sont précipitées à livrer des conceptions à l'emporte-pièce, dirait-on. Rappelons que l'expérience espagnole a mis sept ans pour mûrir avant d'être appliquée en 1982. Dans le cadre du pôle baptisé libéral-social, le RNI et l'UC tentent de placer l'individu et la libre initiative au cœur même du projet de régionalisation. En tout cas, comme le présente Mezouar, ce pôle s'apparente à «un projet de société que l'on va défendre. Un système équilibré entre le rôle de l'Etat et celui de l'individu contre la culture de l'assistanat qui fait que des jeunes diplômés chômeurs s'immolent devant le Parlement».

Justement, le responsable met l'accent sur la composante RH de la régionalisation. Telle une entreprise qui ne peut réussir sans profils dynamiques et entreprenants, la région ne sera concrètement efficace qu'à travers la volonté de ceux qui la dirigent.

Mais est-ce que le RNI ou encore l'UC seraient prêts à accréditer leurs élites, cadres et jeunes, pour les prochaines élections législatives de 2012 ? En mesurant les risques d'une telle option et en sachant que les notables représentent une machine enracinée dans le jeu électoral, il ne sera pas évident pour n'importe quel parti de privilégier la compétence sur la capacité acquise de décrocher des sièges.

Donnant la réplique à Mezouar, Mohamed Sajid, maire UC de Casablanca a, lui aussi, insisté sur le rôle crucial des hommes et des femmes qui auront les rênes des régions. Mais il l'a fait à sa manière en égrenant les CV et parcours des ministres RNI dans un élan d'apologie à ces hommes d'affaires et technocrates qui ont fini par trouver leur voie dans le monde de la politique.

Quant à la ville de Casablanca, Sajid se contentera de dire qu'elle joue un rôle national et doit contribuer dans l'essor des autres régions.

Contrairement à Sajid, Chafik Benkirane, président RNI de la région du Grand Casablanca, a tonné que l'ancien découpage territorial n'a pas bénéficié à la ville.

Avec seulement 1.000 km2, elle est la plus petite des régions du Royaume. Ce qui ne donne pas assez d'ouverture à une région qui pourtant doit jouer le rôle de locomotive, mais qui se trouve freinée par le territoire. Le découpage est l'une sinon la plus importante entrée en matière de régionalisation.

D'autres intervenants, universitaires et scientifiques ont mis l'accent sur un certain nombre de problématiques qui se posent.

Il s'agit principalement des inégalités persistantes en matière de répartition démographique, d'ingénierie, de ressources et de RH.

Tout le monde s'accorde à dire que la régionalisation entrainerait 2 points de PIB supplémentaires mais à condition que la croissance continue dans son trend haussier pour juguler les déficits sociaux.

Le fin mot est que la régionalisation ne doit pas être conçue comme la réponse à tous les problèmes qui taraudent le pays.

Mais elle représente une chance à saisir pour installer les fondements du décollage économique par le biais d'une meilleure harmonisation des ressources et une solidarité interrégionale réelle.

Source : Lematin

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