Les premiers signes de reprise
A la faveur d'un cadre juridique approprié, de l'appui du ministère de l'Economie et des finances et du dynamisme des acteurs associatifs, le secteur de microcrédit a pris un essor considérable depuis l'année 2000. Entre 2003 et 2008, le nombre des clients a été multiplié par quatre. Il est ainsi passé de 300.000 à 1.200 000 au cours de cette période. Ces chiffres font du Maroc le leader incontesté dans la région MENA. Mais à partir de 2007, le secteur a commencé à montrer quelques signes d'essoufflement. En effet, à partir de cette année, la progression de l'activité enregistre un certain ralentissement tant en termes du nombre de clients que d'encours de crédits.
En 2008, le portefeuille à risque de la clientèle se détériore. Le taux des créances en souffrance progresse et l'activité de distribution de microcrédit augmente moins rapidement que pendant les années précédentes. « Un ralentissement a été constaté à fin 2007. En 2008, les premiers signes de la détérioration du portefeuille de la clientèle apparaissent : les clients en souffrance qui représentaient 2 % sont passés à plus de 5 %. Il fallait vite comprendre ce qui se passe et trouver des solutions. Car nous tenons à ce que le microcrédit continue à jouer son rôle de levier de développement socio-économique au profit des populations modestes. C'est pourquoi tous les acteurs concernés ont réagi promptement et positivement : autorités de tutelle, AMC et FNAM», explique Ikhlas Amghar, chef des services des banques au ministère de l'Economie et des finances. Selon cette responsable, le travail d'analyse qui est en cours de réalisation a permis d'ores et déjà de détecter quelques dysfonctionnements. Il s'agit notamment des cas de « prêts croisés». «Des clients ont contracté des crédits auprès de plusieurs associations de micro crédits.
D'où les difficultés de remboursement. De même, il a été constaté que le système d'information des AMC présentait quelques défaillances », précise Mme Amghar. C'est pourquoi les AMC se sont mises à réviser les procédures d'octroi des crédits, du suivi de la production et du remboursement et de la gestion des antennes. La FNAM a mis en place des groupes de travail relatifs aux systèmes d'information, au reporting, à la gouvernance et au contrôle interne. De son côté, le ministère de l'Economie et des finances a adopté en décembre 2008 un arrêté relatif au classement et au provisionnement des clientèles des AMC. Dans le même sens, Bank Al Maghrib a édicté en septembre 2009 une directive relative à la gouvernance des AMC.
«Désormais, les AMC sont tenues de faire leur déclaration à la Centrale des risques nationale qui est gérée par un fournisseur privé et supervisée par Bank Al Maghrib, ce qui est de nature à favoriser la transparence et une meilleure gestion des risques », indique la même responsable. Le chef des services des banques au ministère de l'Economie et des finances assure qu'à présent la situation est en train de se redresser et que le secteur est en passe de retrouver le dynamisme qui le caractérisait avant 2007.
Ainsi, on constate à fin décembre 2009 une amélioration du taux de recouvrement des créances en souffrance malgré une légère baisse du nombre des clients qui passe de 1,2 million de personnes à 1,1 million à fin septembre 2009. «Malgré le ralentissement de ces deux dernières années, la barre de un million de clients est franchie.
Au début, dépasser ce cap était un véritable défi. Mais on a pu le relever», se réjouit-elle. En tout état de cause, 2010 sera une année charnière.
Les mesures prises pour relancer le secteur ainsi que les études et les analyses qui sont en train d'être réalisées préfigureront de ce que sera le microcrédit au Maroc à moyen et long terme.
«Nous sommes confiants en la bonne santé du secteur et dans sa capacité à jouer son rôle de moteur de croissance socio-économiques », conclut Mme Amghar.
Source : Lematin
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