Lutte contre les stupéfiants : De gros poissons dans les filets
Publie le:03.09.09
Le Maroc serre la vis contre le trafic de drogue. Après le démantèlement des réseaux Erramach, Ennini, Mohamed Al Kharraz, alias Chérif Ben Louidane, les services de la police judiciaire du bureau national de lutte contre les stupéfiants viennent d’arrêter un autre gros calibre, Lamfadel Akdi alias «Triha». L’instruction de l’affaire «Triha» promet plein de rebondissements. Un ex-député est tombé, d’autres responsables suivront. Ce sera le feuilleton judiciaire de la rentrée.
La guerre contre la drogue est désormais déclarée dans toutes les régions du Royaume. Depuis plusieurs semaines, les pouvoirs publics multiplient les coups de filets contre les narcotrafiquants et les saisies de quantités importantes de drogue s’amplifient. Ainsi, le réseau Lamfadel Akdi alias «Triha», considéré comme le plus important spécialisé dans le commerce de drogue sur le plan international et particulièrement le cannabis, a été démantelé. L’annonce a été faite par les autorités compétentes à la mi-août. Un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) annonçait le 15 août que 16 individus, qualifiés de «barons», soupçonnés d'être impliqués dans des actes criminels à l'échelle internationale, ont été arrêtés et présentés au juge d'instruction qui les a écroués le 17 août à la prison Okacha. Le chef du réseau est isolé dans une cellule.
Selon des sources concordantes, ces trafiquants sont classés en catégories : Cinq trafiquants de drogues dures qui s’approvisionnent de cocaïne de la région sahélo-saharienne pour l’écouler localement ; six trafiquants de drogues qui opèrent par voie maritime en assurant le transport de la résine de cannabis (chira) des côtes marocaines aux côtes ibères en usant de go-fast ; trois trafiquants de drogues opérant par voie terrestre, utilisant des ensembles routiers de transport international de marchandises ; trois trafiquants qui opèrent par voie terrestre, en direction de l’Algérie et de la Lybie, via Oujda et Errachidia ; un trafiquant qui s’approvisionne de résine de cannabis et de cocaïne à Kétama pour l’écouler dans les régions de Nador. Selon les mêmes sources, plusieurs ont déjà des antécédents et ont fait l’objet de mandats de recherches lancés par différents services de police et de la Gendarmerie Royale alors que d’autres ont pu rester «discrets» jusqu’à ce coup de grâce.
Ces trafiquants ne sont que la partie visible de l’iceberg. Les co-auteurs et complices, dont plusieurs appartiennent hélas aux corps des services de répression, sont beaucoup plus nombreux.
Selon une source proche du dossier, ce réseau compte au niveau de son ossature une cinquantaine d’éléments. Une trentaine sont déjà identifiés et activement recherchés. Six d’entre eux ont pu être arrêtés en possession de quantités consistantes en cocaïne.
Il s’agit des nommés : Mohamed Jouahri alias Raïss, ex-député de la région «Zerhoun-Arab Saïss». Selon des informations concordantes, l’ancien député a été arrêté jeudi dernier par des éléments de la BNPJ devant un atelier de menuiserie à Sbaâ Ayoun dans la région de Méknès.
Les cinq autres sont Lahcen R. alias «Lahmeq» alias «Jonvre» alias «Hassan 17», Hamid I., Hassan D. alias «Laâroubi», Mohamed Qartach, Hmida H.
Après l’arrestation d’un ancien député, considéré comme l'un des importants trafiquants de drogue dure, une source proche du dossier fait savoir que la liste des impliqués dans cette affaire serait longue. Ces responsables usaient et abusaient de leur privilèges ou immunités pour couvrir le trafic des drogues dures.
On parle déjà d’un gouverneur, de responsables dans l’administration territoriale, des services de Douane, de la Gendarmerie et des juges. Si «Triha» a été déjà condamné à six ans de prison ferme assortie d’une lourde amende en première instance, l’appel l’innocenté!
Selon toute vraisemblance, la BNPJ auditionnera les responsables soupçonnés d’être impliqués juste après avoir accompli les procédures nécessaires liées au déverrouillage du «privilège de juridiction». «Triha» aurait déjà donné les éléments qui «collaboraient» avec son réseau. Car, selon les mêmes sources, ce réseau a pu tisser une véritable toile tentaculaire dans tout le pays, englobant plusieurs villes en particulier Agadir, Casablanca, Témara, Meknès, Fès Tanger, Nador, Kenitra, et surtout dans les provinces sahariennes, d’où transite ce que d’aucuns nomment «la neige». Un port informel «Martchika» a été aménagé sur la côte de la ville d’Al Hoceima. C’est de là que transitaient les convois de drogue vers l’autre rive.
D’ailleurs dans sa déclaration, le procureur général a fait remarquer que les enquêtes et les investigations se poursuivent toujours pour identifier toutes les personnes présumées impliquées dans ce réseau criminel, précisant que «certaines d'entre elles veillent sur l'acheminement de la drogue à partir du territoire national, tandis que d'autres assurent son transit et son transport pour échapper au contrôle des services de sécurité en poste aux frontières maritimes».
Les présumés accusés dans cette affaire seront poursuivis pour constitution de bandes criminelles, détention et consommation de drogue, trafic de drogue aux niveaux national et international, corruption, falsification et utilisation de documents administratifs et usurpation d'identité.
Seule une ferme volonté de lutte contre ce poison permettra d’attaquer le mal à la racine. Car les narcotrafiquants ont réussi à s’infiltrer, après le blanchiment d’argent, les circuits économiques et politiques, outre les services sécuritaires, l’administration territoriale et surtout la justice.
Les mesures de sanction qui devraient être prononcées à l’encontre des juges indélicats ont-elles été retardées jusqu’à ce que tout le dossier lié aux narcotrafiquants livre tous ses secrets ? Une affaire à suivre…
Autres articles
- Publié le: 17/05/2012
L’histoire de Thami El Glaoui s’apparente à une success-story. Celle de l’ascension d’un chef de tribu lambda, petit-fils d’un marchand de sel.
- Publié le: 17/05/2012
Bassima Hakkaoui : «La création du Conseil consultatif de la famille et de l'enfance devient une nécessité impérieuse»
- Publié le: 17/05/2012
«Le développement durable représente une opportunité extraordinaire pour les pays émergents de dynamiser leur économie en devenant leaders sur de nouveaux marchés en pleine croissance»
- Publié le: 17/05/2012
Miriem Bensalah : «Réhabiliter l’acte d’entreprendre c’est promouvoir l’investissement privé auprès des jeunes, qui sont la richesse et l’avenir de nos entreprises et de notre pays»
- Publié le: 17/05/2012
● Le Festival international du luth de Tétouan accueille, du 17 au 19 mai, une belle brochette d’artistes et musiciens de renom.
- Publié le: 17/05/2012
Pour la première fois dans les annales du patronat, une femme est portée à la présidence de la CGEM.
- Publié le: 17/05/2012
Un séminaire doit ouvrir le débat avant l’adoption du projet.
- Publié le: 16/05/2012
Nouzha Chekrouni : «Le Maroc et le Canada affichent une volonté commune de renforcer leurs relations bilatérales»
- Publié le: 16/05/2012
Le travail d’élaboration de la loi organique, consacrant l’amazigh comme langue nationale, a déjà démarré par le recueil des propositions des différentes ONG. Round up des doléances.
- Où en est le Tramway ? Casa Transport est formelle : il sera bel et bien opérationnel d'ici fin 2012Publié le: 16/05/2012
Les travaux de pose de la voie ferrée achevés entre 80 et 100% selon les tronçons. Quelques soucis techniques sur le carrefour Zerktouni-Abdelmoumen, à hauteur de l'hôtel Lincoln et à AIN DIAB.












