Les troubles musculo-squelettiques (TMS), première cause de maladie professionnelle en France
Les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent actuellement plus de trois quarts (76%) des maladies professionnelles indemnisées, observe l'Institut de veille sanitaire (InVS), qui voit là un "problème de santé au travail de grande ampleur".
En "constante augmentation dans les pays industrialisés", les TMS constituent la première cause de pathologie professionnelle en France.
Le terme regroupe une quinzaine de maladies liées à de mauvaises postures de travail, efforts excessifs, gestes répétitifs, maniement de charges lourdes, usage d'outils vibrants en main ou travail au froid.
Elles affectent les membres supérieurs (épaule, coude, poignet, doigt), inférieurs (genou, cheville, pied) et la colonne vertébrale, provoquant des douleurs et une gêne quotidienne dans les mouvements. Ce handicap peut être grave, jusqu'à empêcher l'accomplissement d'un geste, situation parfois à l'origine de la perte de l'emploi.
Les TMS sont souvent associés à des activités rencontrées en agriculture et dans l'industrie (conditionnement, assemblage, montage): agro-alimentaire, confection, chaussure, fabrication de produits électriques et électronique, automobile - autant de secteurs où le travail manuel répétitif est particulièrement présent. Cependant, le problème est apparu également dans d'autres secteurs jusque-là peu touchés comme les activités de service.
Outre les contraintes physiques, d'autres éléments jouent un rôle dans la survenue des TMS. L'InVS cite les facteurs psychosociaux et l'organisation du travail: "climat de travail et qualité des relations avec les collègues ou les supérieurs hiérarchiques, horaires de travail, mode de rémunération, temps de pause insuffisant (...) passage en flux tendu, normalisation qualité". Tout cela influence l'exposition des employés aux contraintes physiques évoquées plus haut.
Par ailleurs, le rôle de l'âge est "net pour certaines affections". Et certains TMS sont plus fréquents chez les femmes, même si les comparaisons entre sexes sont difficiles, du fait des spécificités des métiers exercés par les femmes et les hommes.
Selon l'Assurance maladie, 36.900 nouveaux cas de TMS ont été indemnisés en 2008, qui s'ajoutent à ceux des années antérieures. "Au total, l'ensemble des TMS indemnisés ont engendré en 2008 la perte de 8,3 millions de journées de travail et 786 millions d'euros de frais couverts par les cotisations des entreprises".
Le TMS le plus fréquent est le syndrome du canal carpien (SCC), une compression du nerf médian à la base de la paume de la main. Il entraîne picotements et engourdissement de la main et des doigts, douleurs intenses et peut nécessiter une intervention chirurgicale pour retrouver l'usage de la main.
Les TMS touchent aussi muscles, vaisseaux, nerfs et tendons, provoquant notamment des tendinites des épaules, du coude, du poignet ou des genoux.
Une étude régionale conduite dans les Pays de la Loire, citée par le ministère du Travail, a révélé qu'un salarié sur 13 ressent des douleurs musculo-squelettiques quotidiennes. La même étude montre qu'un salarié sur huit a un TMS du membre supérieur diagnostiqué par le médecin du travail. AP
Source : Yahoo - Santé












