PIP: le risque persiste dans les poitrines d’une centaines de marocaines
contrairement à ce qu'avait dit Yasmina Badou quand elle était à la tête de la Santé, Houssein El Ouardi, ministre de la Santé a affirmé, le 27 janvier dernier, l’utilisation des prothèses mammaires de la marque française Poly Implant Prothèses (PIP) défectueuses à l’échelle nationale. Et pourtant «les PIP ne faisait pas partie des prothèses mammaires ayant obtenu le certificat d’enregistrement au Maroc», ont affirmé plusieurs responsables lors de la réunion tenu le 27 janvier dernier au ministère. Une rencontre à laquelle ont participé également le Président de l’ordre national des médecins, des membres de la Société marocaine de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique (SMCPRE) ainsi que les responsables du centre marocain de Pharmacovigilance. La deuxième enquête diligentée par l’actuel ministre de tutelle démontre qu’une société en liquidation juridique depuis 2010 avait formulé dans ce sens une demande en 2005.
Mais qui a autorisé l’utilisation et la commercialisation de ces prothèses non certifiés au Maroc? Et sur quelle base une telle décision a été prise ? Jusqu’à présent personne n’est accusé. Certains professionnels avertis préfèrent tirer la sonnette d’alarme et pointer du doigt la réglementation en vigueur. Pour eux, le laxisme qui règne dans le secteur favorise tout commerce de produits nocifs. C’est ce qu’a précisé, d’ailleurs, lors de cette réunion, Walid El Amri, président de la fédération nationale des Syndicats des Pharmaciens du Maroc: «le ministère de tutelle ne dispose d’aucun moyen de vérification faute de manque de procédure d’enregistrement pour les dispositifs médicaux». Ce qui permet, à ses yeux, à «n’importe qui de vendre des dispositifs médiaux n’ayant subi à aucun contrôle des autorités sanitaires», poursuit-il. Cette déclaration faite à un support de la place ne fait pas que des heureux. Surtout que le responsable accuse indirectement les responsables de négligence puisque la loi existe, faisant allusion à la loi 17/04. Cette dernière portant sur le code du médicament et de la pharmacie stipule que «tous les produits stériles doivent être vendus dans le circuit pharmaceutique». Mais cette loi âgée de plus de 5 ans n’a jamais été activée.
R.A
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