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L'OPINION

Mortalité maternelle et infantile : De simples gestes peuvent sauver des vies

10.03.2014 - 16:44

La mortalité maternelle et infantile au Maroc n’est pas une fatalité, par de simples gestes, liés notamment à l’hygiène, à l’assistance respiratoire du nouveau-né, ou encore l’allaitement maternel, elle peut être évitée dans 75 % des cas.
Les chiffres sont aussi éloquents qu’implacables: Chaque année 700 femmes décèdent au cours de la grossesse ou de l’accouchement et 12.000 restent handicapées, de même que 12.000 bébés décèdent dans les 28 premiers jours de vie et 24.000 restent handicapés.
En dépit d’importants efforts déployés par les autorités compétentes, la problématique de la mortalité maternelle et infanto-juvénile, en particulier dans sa composante néonatale, continue de pénaliser le pays dans les classements internationaux.
En effet, il ressort du dernier classement PNUD (Rapport de mars 2013), que le Maroc est classé dans le Groupe C, soit 130è sur 186, loin derrière l’Algérie (93è) et la Tunisie (94è).
Une analyse de la problématique de la maternité au Maroc montre que sur 613.000 naissances annuelles, 73 pc sont opérées en milieu surveillé public, 10 % en milieu surveillé privé et 17 % à domicile, dont les 2/3 en milieu rural.
Traduites en pyramide sanitaire, ces données révèlent que 80 % des accouchements se font en milieu hospitalier (CHU CHR) et 20 pc dans les structures de proximité (centre de santé et maisons d’accouchement), ce qui constitue une surcharge pour les grands centres et une sous exploitation des autres structures d’appui, auxquels on reproche des défaillances en termes d’équipements, de personnel qualifié ou d’assistance adéquate.
Un constat certes lourd, mais qui peut être changé grâce à des gestes simples, tellement simples qu’ils sont négligés, omis ou sous-estimés, mais que l’Association Al Hayat- Chaînes de vie remet d’actualité en soulignant leur importance pour la maman, le nouveau-né et la société toute entière.

Par le biais d’une campagne nationale « Sauvons 10.000 nouveaux nés », officiellement lancée fin février à Casablanca, l’Association entend inverser cette tendance, et concourir à atteindre des Objectifs de développement du Millénaire (OMD), principalement les objectifs 4 (réduire la mortalité des enfants de moins de cinq ans) et 5 (améliorer la santé des mères).

Pilotée par Al Hayat – Chaînes de vie et parrainée par plusieurs médias, établissements institutionnels et ONG, la campagne 4 chaînes de vie entend expliquer que des gestes simples (chaîne de l’hygiène, de la chaleur, de la respiration et de l’allaitement maternel), s’ils sont scrupuleusement respectés, permettront à des milliers de bébés de ne pas mourir et de vivre saints de corps et d’esprit.
Pour atteindre ces objectifs et optimiser les ressources, Al Hayat – Chaînes de vie compte sur l’appui de la société civile, invitée à s’inscrire activement dans les efforts institutionnels, visant à sensibiliser le grand public, à assurer une formation continue des cadres sanitaires au respect de ces gestes et à la prise en charge adéquate de la maman et de son bébé et à nouer des relations privilégiées avec d’autres partenaires nationaux et internationaux.

Dans le cadre de cette initiative, l’Association inscrit la ressource humaine au cœur de son action.
A cet égard, la sage-femme est considérée comme étant le pivot central de la maternité à moindre risque, en ce sens qu’elle se trouve en première ligne et que le pronostic neurologique de l’enfant dépend directement de la rapidité et de la qualité des premiers gestes entrepris.

Dans les pays avancés, la sage-femme, présente à chaque naissance, est amenée à débuter seule les gestes de réanimation dans 20 à 40 % des cas.

Dans ce sens, le président de l’association, Pr. Moulay Idriss Alaoui, fait savoir le ratio optimal de l’OMS est de 6 sages-femmes/1000 accouchements, alors qu’au Maroc il est de 4SF/1000 accouchements.

Aujourd’hui, plus que jamais, le Maroc a besoin de sages-femmes pour sauver la vie des mamans et des bébés, affirme-t-il.

Selon la Revue systématique Cochrane, et sur la base d’une comparaison des modèles de soins obstétricaux, menée sur 13 travaux, impliquant 16.242 femmes dans 5 pays (Australie, Canada, Ireland, Nouvelle Zélande et Royaume Uni), la présence d’une sage-femme formée suppose moins d’accouchement instrumental, une moindre morbidité maternelle et néonatale, une plus grande économie des coûts et aucune augmentation d’aucun effet adverse.
Cet élément déterminant de l’opération maternité sans risque requiert motivation, accompagnement, formation et épanouissement.
A cet effet, l’Association Al Hayat Chaînes de vie a assuré en 2013 la formation de 100 SF dans les régions de Marrakech – Tensift-Al Haouz, l’Oriental, et Meknès Tafilalet.

En 2014, elle ambitionne la formation de 1.000 autres dans les régions de Taza, Al Hoceïma-Taouanate-Guercif, Tanger -Tétouan, Souss-Massa-Draa, Doukalla-Abda, Marrakech-Tensift-Haouz, Oriental, Meknès-Tafilalet, Tadla-Azilal et Gharb-Chrarda-Bni Hssein, soit 44 Provinces cibles, 65 % de la population totale et 68 % d’enfants de moins de 5 ans. Elle compte également mener des actions auprès des structures sanitaires de proximité pour des maisons d’accouchement accueillantes, propres, équipées et organisées.
Une évaluation et un audit des maisons d’accouchement sont également prévus, à travers la visite de 52 maisons d’accouchement dans les régions de Meknès-Tafilelt, Fès-Boulemane, et Gharb-Chrarda-Beni Hsein, en vue d’une évaluation des conditions d’accouchement et du respect des 4 chaines de vie.

A travers cette campagne, Al Hayat Chaînes de vie se positionne en porteuse d’un message d’espoir et de prévention, de lutte contre l’ignorance et la négligence, mais également pour un monde plus juste où la vie, de la mère et de l’enfant, sont respectées.

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