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L'OPINION

Ciné-Plume: François Truffaut : une vie , une oeuvre

08.05.2014 - 10:01

Évoquer la vie et le parcours de François Truffaut, c’est un peu revenir sur ses amours d’enfance et d’adolescence sur plusieurs plans en particulier sur le plan de son amour indéniable du cinéma qu’il a découvert très tôt, trop tôt même, puisqu’il a sacrifié ses études au profit des films. Ce ne fut pas une peine perdue puisqu’il est devenu critique de cinéma puis cinéaste important dans son pays. Ses films continuent jusqu’à ce jour d’être programmés à l’occasion de festivals, rétrospectives, et autres hommages à titre posthume. Par attachement à la personne hors du commun ou par nostalgie aux thèmes de ses films, on a toujours plaisir à renouer avec Truffaut, éloquent parleur ou fin critique se servant du cinéma pour élargir son champ d’expression. On retient l’image d’un homme sincère, franc, voire même blessant parfois au risque de choquer ses interlocuteurs. Ses films sont restés une traduction objective de ses idées et points de vus sur toutes les composantes de la vie. Il n’y avait pas de sujets tabous chez ce cinéaste qui réalise un film comme il écrit un article. Et pourtant, il en a réalisé un bon nombre comme il en a écrit des volumes d’articles objets de livres ou laissées épars dans différentes tribunes, de «Arts» aux «Cahiers du cinéma». Critique prolifique, François Truffaut était capable de convaincre et faire l’éloge des cinéastes les moins doués par simple sympathie aux auteurs comme il surprenait par ses volte-face imprévisibles réduisant à néant les grands noms de l’écran. C’était son caractère contradictoire de nager à contre-courant au risque de perdre ses amis… à jamais. Ce fut le cas avec le célébrissime Jean-Luc Godard, ami et fidèle compagnon depuis «Les cahiers», devenu un ennemi juré jusqu’à sa mort survenue prématurément en 1984. Les lettres échangées entre les antagonistes, reprises avec ferveur par la publication du «Monde», relèvent aujourd’hui de l’anthologie littéraire. Jamais autant d’injure et de haine n’ont été aussi largement déployées entre des cinéastes connus et respectés de tous. Et ce dans un style d’écriture agréablement pédant. Les vérités évoquées de part et d’autres évoquaient l’état d’esprit de deux intellectuels imbus de cinéma. A part le témoignage de Godard, singulier mais tout aussi sincère, les autres témoignages à l’encontre de Truffaut, émanant de ses amis, acteurs, cinéastes ou critiques, notamment Catherine Deneuve, Gilles Jacob, Jean-Pierre Léaud, Gérard Depardieu, Serge Daney, Steven Spielberg, Jacques Rivette, Jean-Louis Bory, ou même Jean Renoir, vont presque dans le même sens, insistant sur les qualités humaines de l’homme et la sincérité de ses propos. Les films de François Truffaut ne sont que la traduction de ce caractère.

Le cinéaste français François Truffaut est mort il y a 30 ans d’un cancer du cerveau. Il n’avait que 52 ans quand il a disparu laissant derrière lui une oeuvre riche et controversée. Certains y voyaient un véritable auteur tandis que d’autres considéraient ses films comme des œuvres banales sans grande prétention. Il reste néanmoins un critique acerbe qui a alimenté plus qu’une tribune avec un style fortement distingué. Le journal «Le monde», dans un hors-série portant le n°21(mai-juin 2014), a tenu à rendre hommage à ce cinéaste original, disparu à la fleur de l’age, en évoquant son parcours, ses films, et en relatant les témoignages de ses amis et proches mais aussi de ses détracteurs.

Biographie sélective

Né d’un père qu’il n’a pas connu et d’une mère distante, François Truffaut vit une enfance difficile. L’école ne le passionnant pas, il préfère passer son temps dans les salles obscures ou le nez dans les bouquins. Adepte de l’école buissonnière, le jeune homme sombre dans la délinquance et peine à trouver sa vocation. A vingt ans, il s’engage dans l’armée mais regrette vite son choix. Incarcéré pour désertion, il est marqué par sa rencontre avec André Bazin, un critique de cinéma, qui voit en lui un fort potentiel. Ce dernier décide alors de le prendre sous son aile et permet à son poulain d’intégrer la rédaction des Cahiers du cinéma. Au sein d’une équipe de jeunes journalistes enthousiastes, François Truffaut est comme un poisson dans l’eau. Son nouveau travail lui permet d’extérioriser sa rage de vivre dans des critiques dont l’avis tranché bouscule très vite les institutions académiques cinématographiques (il est notamment un féroce opposant de cinéastes comme Claude Autant-Lara ou encore René Clair). Il ne tarde pas à obtenir une certaine notoriété et participe à l’émancipation d’un cinéma d’un nouveau genre, plus libre.

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