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Conditions de travail : Le ras-le-bol des médecins du public

10.10.2019 - 12:13

1.300 démissions déposées à ce jour

Les médecins dénoncent la mauvaise gestion du système de garde et d’astreinte dans les hôpitaux.

Le secteur public de la santé est en ébullition. Les médecins ont observé, lundi 7 octobre, une grève nationale suite à l’appel lancé par le Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP). Tous les hôpitaux publics ont été paralysés à l’exception des services d’urgence et de réanimation et ce par respect de l’éthique et de la déontologie. A l’heure où nous mettions sous presse, le taux de participation à ce débrayage n’a pas été dévoilé. Cela dit, le secrétaire général du SIMSP, Dr Mountadar Alaoui, nous a confié que cette grève a été massivement suivie au niveau national.

Les blouses blanches déplorent une fois de plus les conditions de travail catastrophiques dans le secteur. Ils dénoncent la mauvaise gestion du système de garde et d’astreinte dans les hôpitaux. En effet, dans un communiqué, le Syndicat déplore le système actuel de la garde obligatoire en dehors des heures de travail, et dans des cas d’urgence qui exigent une présence effective des médecins particulièrement des spécialistes en anesthésie, en réanimation, en gynécologie mais également en chirurgie générale. Le syndicat signale que dans les cas d’urgence la présence des anesthésistes est indispensable alors que le pays fait face à une pénurie de médecins dans ces spécialités. La conséquence est que le personnel soignant travaille de manière effrénée, ce qui met sérieusement en danger la vie des patients. Ils doivent couvrir leurs heures de travail (8h30 à 16h) et être toujours joignables à n’importe quel moment en cas d’urgence.

Les blouses blanches rejettent ce «travail à la chaîne». «Nous ne pouvons plus continuer à travailler dans ces conditions. Le ministre de la santé doit agir au plus vite pour trouver une solution sinon une cascade de démissions risque à nouveau de se produire», avertit le secrétaire général du syndicat. Face à cette situation alarmante, le syndicat appelle le ministère de la santé à revoir la réglementation en vigueur afin d’améliorer les conditions du travail des médecins et garantir les soins  médicaux aux patients. Rappelons que le secteur de la santé fait face à des démissions en cascade. Selon Dr Mountadar Alaoui, 1.300 démissions ont été déposées à ce jour.

La liste des médecins démissionnaires pourrait s’allonger encore  davantage. Toujours est-il que la pénurie des médecins risque de s’accentuer davantage avec la hausse du nombre des médecins démissionnaires et le profond malaise des jeunes médecins qui préfèrent quitter le pays à la recherche de nouvelles opportunités à l’étranger. Rappelons que selon la dernière carte sanitaire du ministère de la santé qui donne un aperçu de l’offre de soins en 2019, le corps médical dans le public se chiffre à 12.025 dont 3.853 médecins généralistes et 7.553 médecins spécialistes. Le Maroc ne compte  dans le public que 491 pédiatres, 456 gynécologues, 437 anesthésistes-réanimateurs, 402 radiologues, 348 traumatologues, 344 chirurgiens, 331 ophtalmologues, 309 cardiologues, 257 néphrologues, 223 psychiatres, 211 dermatologues et 184 urologues. Des éloquents qui montrent la gravité de la situation actuelle.

» Source de l'article: aujourdhui

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