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Education, santé et emploi des femmes rurales : Les constats inquiétants du HCP

02.11.2019 - 11:28

La population féminine rurale est estimée à 6,5 millions en 2019

En matière d’éducation, la femme rurale est toujours défavorisée. Au niveau du collège, le taux net de scolarisation en 2017-2018 des filles rurales était de 39,73% contre 80,15% pour les filles urbaines, 62,62% pour les filles à l’échelle nationale et 40,46% pour les garçons ruraux.

Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) décortique la situation démographique et socio-économique des femmes rurales. Les données du HCP permettent de mettre en exergue leur potentiel humain et les obstacles qui limitent leur rôle dans le développement du pays. En 2019, la population féminine rurale est estimée à 6,5 millions, soit près de la moitié de la population rurale (49,2%). A noter que 59,4% d’entre elles sont en âge d’activité (15-59 ans) contre 29,6% âgées de moins de 15 ans et 11% de 60 ans et plus.

Le HCP signale également que la population des femmes rurales d’âge fécond (15-49 ans) s’élève à 3,3 millions alors qu’elles sont 6,2 millions en milieu urbain et 9,5 millions au niveau national. Par ailleurs, les femmes rurales vivent moins longtemps que les citadines avec une espérance de vie estimée à 75,3 ans contre 79,6 ans en 2019, ce qui représente un écart de 4,3 ans. En matière d’éducation, force est de constater que la femme rurale est toujours défavorisée. En dépit de quelques avancées au niveau du primaire, son accès au collège et au niveau du secondaire qualifiant est encore très limité.

En effet, au niveau du collège, le taux net de scolarisation en 2017-2018 des filles rurales était de 39,73 % contre 80,15% pour les filles urbaines, 62,62% pour les filles à l’échelle nationale et 40,46 % pour les garçons ruraux. Au niveau du secondaire qualifiant, ce taux est de l’ordre de 12,48 % contre 57,39 % pour les filles urbaines, 38,1 % pour les filles au niveau national et 19 % pour les garçons ruraux. Ces mauvais chiffres s’expliquent par l’abandon scolaire des filles rurales qui reste encore élevé, notamment au niveau du collège. Ainsi, leur taux d’abandon scolaire atteint 6,9% au primaire contre 4,7% pour les citadines, 1,7% pour les filles au niveau national et 5,4% pour les garçons dans le rural. Au niveau du collège, ce taux est 4 fois plus important que celui des filles urbaines et deux fois plus que celui des filles à l’échelle nationale (16,8% contre 4,8% et 8% respectivement). Le HCP rappelle que la population rurale féminine comptait encore en 2014, 60% d’analphabètes contre 31% des citadines.

Mortalité maternelle: 111,1 décès pour 100.000 naissances vivantes en milieu rural

Malgré les efforts importants qui ont été réalisés ces dernières années en matière de réduction de la mortalité maternelle au niveau national, le taux demeure toujours élevé en milieu rural. Le taux de mortalité maternelle a été ramené au niveau national à 72,6 décès pour 100.000 naissances vivantes et à 44,6 décès en milieu urbain, alors qu’en milieu rural, celui-ci est de 111,1 décès. Il faut aussi relever qu’encore beaucoup de femmes rurales n’ont pas accès à des soins prénatals de qualifié. Ainsi, la proportion des femmes rurales ayant bénéficié de ces soins est de 79,6% contre 95,6% pour les citadines. En outre, 73,7% des accouchements en milieu rural sont effectués dans des établissements de santé contre 96% en milieu urbain et 86,1% au niveau national. Quant au recours à une méthode contraceptive, le taux d’utilisation est de 70,3% chez les femmes rurales contre 71,1% chez les citadines.

Faible valorisation de l’activité féminine

Les données du HCP montrent que la femme rurale bénéficie de moins d’opportunités de participation à la vie économique du pays. Les indicateurs de l’emploi féminin sont relativement meilleurs en milieu rural qu’en milieu urbain, cela dit, les activités professionnelles de ces femmes restent peu valorisantes. Cette faible valorisation de l’activité féminine en milieu rural s’explique par plusieurs facteurs. Tout d’abord, il faut relever que la majorité des emplois féminins s’exerce dans l’agriculture (93,6%) alors qu’en milieu urbain les femmes travaillent principalement dans le secteur des services (70,4%). L’autre constat important à signaler est que 32% des femmes rurales actives occupées n’ont aucun diplôme, contre seulement 9,6% en milieu urbain et 20,1% au niveau national. Seulement 13,6% des femmes rurales déclarent un niveau de diplôme moyen. En outre, 60,3% des femmes rurales actives occupées sont des aides familiales et leur emploi reste en général non rénuméré. En effet, 70,5% d’entre elles ne perçoivent aucune contrepartie de leur travail. Enfin, il est à noter que la femme rurale accorde beaucoup de temps aux tâches domestiques (5 h contre 4 h pour la femme citadine).

Elles sont plus exposées à la pauvreté et la vulnérabilité

La pauvreté dans sa forme monétaire touche davantage les femmes rurales que les femmes citadines avec respectivement un taux de 25,3 et 7,5% en 2001 et de 9,5 et 1,7% en 2014 (pour l’ensemble des femmes, ce taux est passé de 15,2% en 2001 à 9,2% en 2007 pour se situer à moins de 5% en 2014). La situation des femmes rurales reste plus vulnérable avec un taux de 19,4% en 2014 comparé au taux de 7,8% pour les femmes citadines et de 12,4% pour l’ensemble des femmes au Maroc. Signalons qu’à l’occasion de la journée internationale de la femme rurale, Bank Al-Maghrib a lancé une étude sur leur situation socio-économique pour explorer les pistes de leur inclusion financière. OCP a également mis en place un programme qui vise le développement de leur capacité agricole et entrepreneuriale.

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