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Modèle de développement : Ce que recommande l’IRES

16.01.2020 - 19:14

Investir dans le capital humain, un facteur clé de la productivité et de la compétitivité

En dépit de nombreuses avancées réalisées tant sur le plan économique et social, l’IRES estime que le modèle de développement actuel n’a pas réussi à répondre pleinement aux attentes de la population.

L’Institut royal des études stratégiques ( IRES) vient de rendre public son rapport de synthèse de la rencontre qui avait eu lieu  le 27 mai 2019 avec le groupe principal des partenaires du Maroc sur le thème «Quel modèle de développement pour le Maroc?». En dépit de nombreuses avancées réalisées tant sur le plan économique que social, l’IRES estime que le modèle de développement actuel n’a pas réussi à répondre pleinement aux attentes de la population ni aux enjeux de l’environnement régional et international. Selon le rapport, les pouvoirs publics  doivent investir dans le capital humain qui est le facteur clé de la productivité et de la compétitivité.

Une lutte   multidimensionnelle  doit être menée contre les inégalités et favoriser la mobilisation des compétences pour développer la production de biens et services, y compris l’entrepreneuriat social. La situation actuelle du capital humain se distingue par le niveau encore élevé de l’analphabétisme des adultes (32%) et par un niveau d’instruction de la population marocaine, âgée de 15 ans et plus, estimé, en moyenne, à 5 ans de scolarisation contre 7 ans pour les pays émergents et 11 ans dans les pays développés. L’Institut fait remarquer que les réformes de l’éducation-formation qui se sont succédé ont mobilisé des ressources  importantes avec des résultats qui restent en deçà des attentes. Ainsi, le système d’éducation-formation devrait favoriser l’employabilité des diplômés, offrir des emplois décents aux jeunes et réduire les inégalités sociales et spatiales par une meilleure professionnalisation des filières, à travers le développement d’un partenariat triangulaire entre l’Etat, la région et le secteur privé. 

Selon le rapport, l’investissement dans le capital humain devrait concerner également le secteur de la santé. Il s’agit de corriger les dysfonctionnements entravant la mise en application du Ramed, considéré comme étant une réforme utile et nécessaire. Il faudrait former les ressources humaines et développer l’infrastructure médicale en prenant en considération l’extension de la couverture de santé et le vieillissement de la population qui risque d’amplifier sérieusement les vulnérabilités physiques et psychiques à traiter. 

L’éducation et la formation pour résorber les inégalités sociales

Le rapport pointe également du doigt les inégalités sociales qui  ne cessent de progresser. Sur le long terme, l’éducation et la formation sont d’une importance capitale pour résorber ces inégalités. Dans son rapport, l’IRES signale qu’à court et moyen termes, la lutte contre les inégalités requiert une redistribution des fruits de la croissance à travers la mise en œuvre d’une réforme fiscale qui prône l’équité entre les contribuables, la mise en place d’une politique d’inclusion financière des très petites et petites entreprises dans le cadre du développement de l’auto-emploi, ainsi que des catégories vulnérables de la population, notamment les personnes à très faible revenu et les femmes.

Selon l’IRES, l’industrie devrait être le véritable moteur de la croissance future. Le développement harmonieux de ce secteur avec celui des services devrait permettre de fournir plus d’emplois de qualité aux populations, de réduire les inégalités sociales et spatiales, d’améliorer le niveau de vie, y compris en favorisant le développement des classes moyennes urbaines et rurales. Pour cela, le Maroc doit disposer d’une véritable politique d’industrialisation capable de favoriser à la fois la diversification de l’économie, l’accroissement de sa complexité, le développement d’un tissu étoffé de PME-PMI compétitives et la création d’emplois stables et durables.

» Source de l'article: aujourdhui

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