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Fillette violentée à Taroudant : Dix mois de prison pour l’instituteur incriminé

04.02.2020 - 15:31

Cette affaire remet sur le devant de la scène la question de la violence dans les milieux scolaires

La photo de son visage complètement amoché, de son regard vide, et de ses yeux au beurre noir ont fait le tour de la Toile au bout de quelques heures seulement et ont suscité une forte indignation.

La justice a tranché lundi l’affaire de «la fillette de Taroudant», l’instituteur poursuivi et principal accusé a écopé de dix mois d’emprisonnement dont quatre avec sursis assortis de 40.000 DH d’amende.

Très suivi par l’opinion publique locale et nationale, le tribunal de première instance de Taroudant a mis fin a ce dossier après un procès marathonien qui a duré plus de six heures en présence des familles des deux parties impliquées dans cette affaire ainsi que des représentants de la société civile et des médias.

L’affaire remonte à la fin du mois de décembre dernier, les photos de la fille Meriem diffusées sur les réseaux sociaux ont fortement choqué l’opinion publique, et qui montrent une fillette âgée de huit ans violemment frappée prétendument par son instituteur.

La photo de son visage complètement amoché, de son regard vide, et de ses yeux au beurre noir ont fait le tour de la Toile au bout de quelques heures seulement et ont suscité une forte indignation, étant donné que le responsable serait l’un de ses instituteurs, et qui a toujours nié en bloc ces accusations tout en imputant la responsabilité à la mère de la fillette inscrite dans un groupe scolaire de la région montagneuse de Taroudant.

En raison de la situation matérielle de la famille, la fillette tabassée été prise en charge par des acteurs associatifs qui l’ont conduite à l’hôpital Mokhtar Soussi. Les services de la gendarmerie royale ont ouvert une enquête pour en savoir plus sur les tenants et les aboutissants de cette affaire. Les examens médicaux, effectués à l’hôpital régional de Moukhtar Soussi de Taroudant, ont prouvé que la fillette a été victime d’une horrible agression physique au niveau de la tête.

Cette affaire a remis sur le devant de la scène la question de la violence dans les milieux scolaires. Dans un rapport publié le mois de juillet dernier, l’Unesco présente l’état actuel de la violence et du harcèlement à l’école, à savoir la prévalence, l’évolution de la prévalence dans le temps,  les facteurs influant sur la violence et le harcèlement à l’école et les conséquences de la violence scolaire.

D’après ce rapport, au Maroc, la prévalence du harcèlement dans les écoles a atteint 32,2%. Cela signifie que près d’un élève sur trois a été victime de harcèlement. Côté sexe, le harcèlement dans les écoles est frappant chez les garçons (44%) tandis que chez les filles, il représente 31,6%.

En ce qui concerne les enfants et adolescents victimes de bagarres, au total 39,7% ont déclaré en avoir été victimes. Le chiffre est en hausse du côté des garçons (53,3%), tandis que chez les filles il représente seulement 24,6%.

En détails et par tranche d’âge, 39,2% d’adolescents âgés de 13 ans ont déclaré avoir été victimes de bagarre en milieu scolaire, contre 39,9% âgés de 14 ans et 40,1% âgés de 15 ans.

L’agression physique est pareillement présente au sein de nos écoles avec 28,7% chez les garçons contre 18,6% chez les filles. Par tranche d’âge, le rapport recense que 22,2% d’adolescents âgés de 13 ans ont été victimes d’agressions physiques en milieu scolaire, contre 25,4% pour les adolescents âgés de 14 ans et 24,7% pour ceux âgés de 15 ans.

» Source de l'article: aujourdhui

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