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Transport par ambulance : La gestion déléguée arrive

17.02.2020 - 15:32

Le coût élevé de la gestion du parc pointé du doigt par le ministère et les collectivités

Le cahier des charges impose une série de conditions aux futurs prestataires, notamment la fixation des tarifs du transport et d’intervention médicale avant l’arrivée à l’hôpital.

Décidément, la gestion déléguée a le vent en poupe. Le transport par ambulance des malades et blessés sera bientôt délégué à des opérateurs privés. Une expérience pilote est ainsi prévue à Casablanca où les autorités vont sous-traiter ce service vital selon un nouveau cahier des charges.

Ces développements arrivent à un moment où le ministère de la santé pointe du doigt le coût très élevé de l’exploitation du parc des ambulances jugé excessif au vu des moyens financiers dont disposent les centres hospitaliers publics. Même son de cloche chez les collectivités locales où la gestion du parc d’ambulance rencontre de grandes difficultés liées notamment à la gestion et l’exploitation du parc sans oublier une couverture géographique très peu optimale. C’est pour cette raison que les autorités casablancaises ont décidé d’agir.

Lors de la dernière session du conseil communal, les élus ont examiné un point à l’ordre du jour lié à la délégation du transport par ambulance par des acteurs privés. Dans le détail, le cahier des charges mis en place par les responsables locaux impose une série de conditions aux futurs prestataires. Il est notamment question de la fixation des tarifs du transport et d’intervention médicale avant l’arrivée à l’hôpital. Le cahier des charges précise que les prix doivent être obligatoirement affichés sans dépasser la tarification en vigueur, sans donner plus de détails. Les délégataires sont également tenus d’employer un personnel à bord, diplômé dans le domaine des interventions médicales ou bien des certificats d’initiation aux soins de premiers secours.

Il est question, en outre, de stériliser les ambulances après chaque intervention. Reste à savoir si cette nouvelle orientation permettra d’apporter plus d’efficacité. Il faut dire que le domaine connaît une multiplicité d’intervenants avec une qualité d’intervention le plus souvent critiquées. Il y a tout d’abord les ambulances de la protection civile qui restent les plus sollicitées pour les interventions en cas d’urgence. Cela dit, une bonne partie des véhicules utilisées n’est pas médicalisée. Il y a également les ambulances du ministère de la santé qui assurent le plus souvent le transport des cas urgents entre les structures hospitalières.

Il y a quelques années, le ministère avait lancé également un nouveau service d’intervention et d’assistance avec des ambulances mieux équipées. Le hic, c’est que le coût des interventions est aujourd’hui critiqué. Les collectivités locales disposent également d’ambulances mais l’impact et les résultats sont le plus souvent en deçà des attentes. D’autres opérateurs privés assurent également les services du transport.

Mais là également, la qualité n’est pas toujours au rendez-vous mis à part quelques structures privées qui travaillent essentiellement avec les grandes compagnies d’assurances principalement dans les grandes villes du pays. Il faut préciser que les interventions des ambulances peuvent être particulièrement déterminantes en cas d’accidents graves de la route ou d’AVC (accident vasculaire cérébral), encore faut-il avoir les ambulances qu’il faut avec le personnel nécessaire…

Hélicoptère médicalisé : Vers un partenariat avec la gendarmerie

Lancé en 2013, le plan national des urgences misait notamment sur l’utilisation de l’hélicoptère pour l’évacuation des cas urgents vers des structures plus adaptées. Dans le détail, 4 héli-Smur (ambulance hélicoptère) étaient prévus par les autorités. Sept années après l’heure est au bilan. La première remarque des autorités compétentes concerne  les coûts très élevés des interventions des héli-Smur.

Des moyens financiers importants doivent être mobilisés pour chaque intervention. Ce n’est pas tout. Le service est limité à seulement 4 sur les 12 régions que compte le pays. Aujourd’hui, le ministère de la santé compte conclure un partenariat, notamment avec la gendarmerie royale, pour optimiser les coûts liés aux interventions des pays d’un côté, et pour assurer la couverture de l’ensemble du territoire national de l’autre. A noter que depuis l’entrée en service des héli-Smur, plusieurs cas très compliqués ont pu être sauvés, notamment des femmes enceintes.

Une police des pompes funèbres

Les pompes funèbres sont également concernées par les changements au niveau de la métropole. Le conseil de la ville de Casablanca veut créer une sorte de «police» pour assurer la bonne gestion des cimetières de la ville ainsi que les cérémonies d’enterrement. Le service devrait être confié dans le futur à la SDL (Société de développement local) Casa Prestations.

Il est également question de déléguer la constatation de décès à des médecins privés en raison du manque criant de médecins légistes au niveau des arrondissements. Une situation de plus en plus critiquée par les habitants de la métropole. Reste à savoir comment le conseil de la ville interviendra concrètement pour l’organisation des cérémonies d’enterrement au niveau des différents arrondissements de la ville. Quoi qu’il en soit, le conseil de la ville doit statuer définitivement sur ce projet au cours des prochaines sessions.

» Source de l'article: aujourdhui

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