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Bab Sebta : Après la contrebande, place à la reconversion

25.02.2020 - 20:02

Un projet d’entrepôts sous douane du côté marocain pour mettre sur pied une activité économique légale et de substitution aux activités illégales du passé

Après la fermeture définitive du poste-frontière Tarajal II à Bab Sebta, et l’arrêt définitif du flux de personnes qui transportaient les marchandises de contrebande à travers ce passage, les pouvoirs publics sont en train d’étudier, voire de peaufiner un plan d’action à mettre rapidement en marche pour donner des activités de substitution aux familles qui vivaient de cette activité somme toute illégale.

Selon des sources bien informées, une des pistes aujourd’hui sérieusement envisagée consisterait à mettre sur pied au niveau du poste frontalier de Bab Sebta, mais du côté marocain, des espaces dédiés à des entrepôts sous douane. Cette zone commerciale spéciale sera dédiée à des opérateurs importateurs marocains qui pourraient y entreposer toutes sortes de produits et de marchandises qui seraient en majorité importées légalement via le port de Tanger Med. La clientèle ciblée sera surtout constituée des commerçants de villes voisines, notamment Fnideq, qui vivaient des produits de contrebande provenant de Sebta. C’est une grande première pour le Maroc qui pourra ainsi faire d’une pierre deux coups : remplacer la contrebande par une activité commerciale parfaitement légale et, d’un autre côté, créer un nouveau pôle d’activité qui pourrait être un bon stimulant pour l’emploi dans la région, y compris au profit des personnes qui effectuaient le transport quotidiennement. Les commerçants qui investiraient dans ces entrepôts paieraient les droits de douane à hauteur seulement des volumes écoulés.

Mais ce n’est pas la seule manière de donner des emplois de substitution à cette catégorie. En effet, entre autres actions étudiées, la possibilité de placer les personnes dans des entreprises de la région ou même plus loin.

Ainsi, à Tanger, un opérateur industriel majeur comme Renault pourrait contribuer au redéploiement de jeunes qui travaillaient dans le transport de produits de contrebande. D’autres opportunités peuvent également exister dans la zone franche de la ville ainsi que le bassin industriel du port  Tanger Med. Même dans des villes plus éloignées, comme Kénitra, des opérateurs tels que PSA Peugeot et tout l’écosystème d’équipementiers qui l’entoure peuvent contribuer à cette opération de redéploiement. C’est en tout cas le montage que proposent et défendent aujourd’hui certains hauts responsables publics.

Mais avec tout cela, il restera une autre et dernière catégorie qu’il sera difficile de redéployer ailleurs, à savoir les personnes qui, à cause de l’âge, du manque d’instruction ou d’un handicap notamment, ne sont pas en mesure de travailler. Pour cette catégorie, le principe d’une aide financière directe n’est pas à écarter. Mais pour cette dernière option, insistent les sources d’Aujourd’hui Le Maroc, il ne s’agit pour l’heure que d’une piste encore au stade de réflexion. Ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’après la fermeture du poste de Bab Sebta face aux flux de transporteurs de contrebande, les pouvoirs publics cherchent à leur trouver des activités légales de substitution et pérennes.

» Source de l'article: aujourdhui

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