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Social

Gardiens impertinents : Le maillon fort de la transmission du virus

05.04.2020 - 18:12
Discipliné comme la plupart des Marocains, je me suis confiné chez moi pendant une semaine mais manquant de victuailles car je ne suis pas de ceux qui avaient fait la razzia à Marjane et autres magasins, je gérais  donc mon stock alimentaire à la semaine. Le septième jour, nécessité oblige, je me suis rendu à un supermarché proche de chez moi. J’ai fait mes petites emplettes se résumant au nécessaire, tout cela en prenant en considération la distance de sécurité que les quelques clients se trouvant sur place avaient l’air de respecter conformément aux instructions de protection sanitaire.
Après le passage à la caisse, j’ai pris mon panier et me suis dirigé vers ma voiture qui était stationnée aux alentours, c’est alors qu’un individu vêtu d’un gilet orange (pour ne pas confondre avec gilet d’arme) se pointe à ma fenêtre et me demande le paiement du stationnement, oui monsieur, ce personnage traînait en pleine rue sans qu’il soit inquiété! Sidéré et n’ayant d’autre choix que de lui remettre des sous car je n’avais pas le goût à engager une discussion avec lui vu que nous n’étions pas sur la même longueur d’onde du fait qu’il ne comprenait pas que sa présence représentait un danger public.
En effet, j’étais abasourdi car je voyais les sacrifices de tout un peuple voler en éclats, tous ces bons citoyens qui respectaient l’état d’urgence sanitaire  en vain car le maillon fort de transmission du fléau était là, en activité. Oui! Cet énergumène était un vecteur de contagion, il manipulait la monnaie et touchait des centaines de pièces et de mains dont certaines ne pouvaient probablement qu’être contaminées si au moins ce quidam était affecté légalement dans les parages en tant que gardien. Il n’en est rien! Il s’est  réveillé un matin  et s’est dit : tiens, je vais faire gardien dans cet endroit, il a mis un gilet jaune ou orange et s’est improvisé et imposé en gardien de voitures, le hic est que ces voitures n’avaient pas besoin de gardien.
Par la force des choses, le gardien s’est fait sa place dans le décor urbain et on ne peut lui échapper. Mieux encore en ces temps où tout le monde doit respecter les consignes de protection sanitaire, lui se pavane dans la rue comme si toutes ces mesures sanitaires ne le concernaient pas.
Un cas social, dira-t-on, car ce pauvre mec n’a d’autres ressources que cette planque. Je compatis et pendant qu’on y est, des mendiants sillonnent aussi les rues, chassés par les policiers mais qui reviennent à leurs postes dès que ces derniers ont le dos tourné.
Notre pays réussira-t-il à vaincre la pandémie tant qu’il y aura des gardiens, des mendiants et des êtres errant dans la ville ?
» Source de l'article: liberation

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