Revue de presse des principaux journaux Marocains

Social

Les règles d’un bon confinement pour les personnes âgées

06.04.2020 - 13:08

L’Association marocaine des maladies auto-immunes et systémiques émet ses recommandations

Avoir une bonne hygiène de vie et entretenir sa santé au cours de ce confinement est primordial non seulement pour affronter la contagion et éventuellement la maladie mais aussi pour éviter un affaiblissement durable et périlleux de la santé générale.

Elles sont les premières à être particulièrement touchées par la pandémie du coronavirus. Vulnérables, les personnes âgées font l’objet de plusieurs mesures visant à bien les protéger. L’Association marocaine des maladies auto-immunes et systémiques (AMMAIS) a émis une série de recommandations pour leur venir en aide et leur éviter d’être exposées aux risques liés à la contamination.
La protection des personnes âgées (PA) en particulier celles dépassant 70 ans est donc une priorité absolue et elle comporte un double défi : respecter absolument le confinement et maintenir au maximum les capacités musculaires par l’exercice physique.

Il faut ainsi combattre l’inactivité physique, la sédentarité et le stress qui peuvent conduire à un désengagement de la PA dans ses besoins quotidiens et l’entraîner dans une spirale délétère : sous-alimentation, diminution de la masse musculaire et des capacités cardio-respiratoires, aggravation des pathologies existantes, dépression, perte d’autonomie…
Avoir une bonne hygiène de vie et entretenir sa santé au cours de ce confinement est primordial non seulement pour affronter la contagion et éventuellement la maladie mais aussi pour éviter un affaiblissement durable et périlleux de la santé générale.

L’AMMAIS souligne que le seuil de la perception de la faim et de la soif s’émoussant avec l’âge, les PA ont tendance à diminuer leurs apports en aliments et en boissons, alors que leurs besoins énergétiques sont peu inférieurs à ceux de l’adulte jeune : 2.000 kilocalories par jour pour l’homme et 1.800 kcal/j pour la femme contre respectivement 2.800 et 2.200 à 30 ans.
Pour éviter la fonte musculaire, l’apport nutritionnel en protéines animales surtout (viandes, poissons) et aussi végétales (lentilles, pois chiches, pois cassés, dattes et figues séchées, céréales…), doit même être supérieur à celui de l’adulte jeune et représenter 12 à 15% des apports énergétiques journaliers.
Les besoins en eau de boisson sont aussi toujours plus élevés chez cette catégorie que chez l’adulte jeune (1,7 l/j contre 1,5l/j) à cause d’une élimination urinaire plus forte.
L’association recommande également de ne pas négliger la pratique physique, même dans un espace restreint. Elle est indispensable car la force des muscles des PA baisse rapidement en l’absence de mobilité. Il s’agit notamment de réaliser plusieurs fois par jour de petits exercices de gymnastique mobilisant en particulier les bras et les jambes et de se lever toutes les heures pour marcher.
A la gestion du capital physique s’ajoute la gestion de l’angoisse. La situation actuelle anxiogène provoque évidemment un sentiment d’angoisse chez beaucoup de PA, avec des risques d’hypertension, de hausse de la glycémie, de dépression. L’AMMAIS appelle vivement à garder des liens étroits avec l’entourage, même à distance, pour faire baisser ce stress.
Aussi, la situation actuelle ne devrait pas perturber la prise des traitements en cours.

Les personnes âgées doivent continuer leurs traitements existants et même ceux qui diminuent les capacités du système immunitaire pour ne pas déstabiliser la maladie sous-jacente. Il faut demander conseil au médecin traitant pour leurs adaptations éventuelles. L’automédication ou la surconsommation est par contre à prohiber en cette période !
Les personnes âgées souffrent également d’un manque d’appétit qui est en partie dû à l’altération des perceptions des odeurs et du goût, d’où une difficulté à identifier et apprécier les aliments. Par ailleurs, les mécanismes de régulation sont moins bien assurés, et l’élimination des surplus de sucre ou de sodium s’accompagne d’une plus grande perte en eau. L’équilibre hydrique est également menacé par certains médicaments (diurétiques, neuroleptiques…).

L’association qui relate les recommandations du Dr Khadija Moussayer, spécialiste en médecine interne et en gériatrie, rappelle par ailleurs qu’il est important de préserver le capital musculaire qui diminue chez la PA, ce qui aggrave l’état nutritionnel et l’hydratation. Les réserves en eau (73% de l’eau totale du corps sont stockés dans les muscles) baissent en effet corrélativement à la diminution de la masse musculaire (17% du poids du corps à 70 ans contre 30% à 30 ans). Ce phénomène, la sarcopénie, a des répercussions considérables par les faiblesses qu’il provoque : risques infectieux par baisse des réserves protéiques nécessaires aux défenses immunitaires, chutes et fractures éventuelles compromettant l’autonomie de la PA…
Pour éviter l’aggravation de la fonte musculaire, l’apport nutritionnel conseillé en protéines animales (viandes, poissons …) et/ou végétales (amande, pistache, noix de cajou, haricots rouges, lentilles, pois chiches, pois cassés, champignons, dattes et figues séchées, céréales…), doit être supérieur à celui de l’adulte jeune: 1 à 1,2 contre 0,8 à 1g/kg/j, soit 12 à 15% des nutriments.
Et parce qu’un bon sommeil est synonyme d’une bonne santé, l’AMMAIS rappelle son importance.
Le sommeil se modifie avec l’âge tant par sa structure que par sa qualité. Son temps total diminue et il devient moins efficace car plus fragmenté par des réveils nocturnes fréquents. Il faut donc, autant que possible, essayer de conserver une heure de coucher et de lever régulière et s’exposer à lumière naturelle durant la journée. Les boissons contenant des excitants (café, thé) ainsi que le tabac sont à éviter ou à consommer de façon minime.
Enfin, si ces personnes âgées vivent seules ou en couple et sont valides, le mieux est qu’elles restent strictement confinées à l’écart de leur entourage qui peut leur apporter tous les moyens de subsistance en les livrant de préférence sur le pas de la porte de leur habitation.

Si les personnes âgées vivent en famille, c’est aux autres membres d’observer scrupuleusement le confinement, en déléguant si possible à une seule et même personne le soin de faire toutes les courses nécessaires durant cette période, cette dernière acceptant alors de se mettre le plus possible en semi-confinement à l’égard du reste de la famille.

» Source de l'article: aujourdhui

Autres articles