Revue de presse des principaux journaux Marocains

Social

Covid-19 : Les pharmaciens sous pression

09.04.2020 - 18:54

Vente, information, assistance, horaires…

Comme les boulangers, les buralistes ou encore les épiciers, les pharmaciens sont en première ligne face au Covid-19. Aujourd’hui, ils doivent répondre à des sollicitations tous azimuts. De la vente à l’information, en passant par l’assistance, leur quotidien a nettement changé. A commencer par les horaires. Conformément à l’annonce de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPS), les pharmacies sont en cette période de crise ouvertes du lundi au vendredi de 9h à 18h et de 9h à 14h les samedis.
Et alors que le virus gagne de plus en plus du terrain au Maroc, les pharmaciens sont confrontés à l’inquiétude croissante de la population.
Une population qui cherche par tous les moyens à se mettre à l’abri d’une quelconque contamination.
A Dar Bouazza, une pharmacie avait été prise d’assaut par des clients qui ont adopté selon Faiza, la propriétaire, des comportements irrationnels voulant s’approvisionner de nombreux médicaments en guise de précaution.
«Avant de se rendre en pharmacie, il est important de se demander si c’est vraiment nécessaire», déplore-t-elle.
Il faut dire qu’actuellement, les pharmacies ne désemplissent pas depuis le début de l’épidémie. Les clients se succèdent au comptoir avec toujours la même question : «Il vous reste des masques, du gel pour les mains, un thermomètre frontal, du Doliprane et de la vitamine C?». Des produits très prisés par les temps qui courent.

La réponse varie. Faiza a pris la décision de contingenter la vente. «Un grand nombre de personnes est venu demander des médicaments en grande quantité et cela sans même qu’il en ait véritablement besoin. Nous avons décidé alors de ne pas fournir plus de deux unités de chaque produit pour chaque client et ce dans le but de garantir une vente et distribution équitable».
En revanche, dans une autre pharmacie du centre-ville de Casablanca, Khalid, pharmacien, avoue que la pharmacie où il travaille a toujours adopté le slogan suivant: premier arrivé, premier servi.
«Nous vivons une situation très particulière. Chaque jour nous avons un défilé de personnes qui s’arrachent les désinfectants et le paracétamol et nous répondons malgré nous à toutes les demandes même celles émanant de clients demandant de grandes quantité», a t-il reconnu. «Nous sommes quotidiennement «dévalisés», mais notre devoir est de répondre favorablement à nos clients».
Le coronavirus a eu des répercussions négatives sur tous les secteurs. Par conséquent, certains produits pharmaceutiques ont connu des hausses hallucinantes des prix.

«Avant la découverte de ce virus, nous vendions un paquet de 100 bavettes à 75 DH. Mais avec cette situation exceptionnelle et avec la forte demande, ces mêmes masques ont été vendus dans un premier temps à 300 avant de passer à 450 DH. Les gels hydroalcooliques ont également connu une hausse de plus de 100%. Ce n’est pas nous pharmaciens qui décidons des prix, mais ce sont les fournisseurs qui les ont fait flamber. En revanche, les prix des médicaments n’ont connu aucun changement», nous confie Khalid qui ajoute devoir calmer la grogne des clients face à cette hausse spectaculaire des prix dont il décline toute responsabilité.
Cependant, s’il y a une chose sur laquelle l’ensemble des pharmacies s’est mis d’accord c’est bien le respect des mesures de protection.
«Cela va faire deux semaines que nous avons fait deux équipes de trois, pour éviter que l’on se croise. Nous servions à deux comptoirs séparés et nous n’acceptions pas plus de trois clients à la fois au sein de notre pharmacie. Mais avec le nombre de plus en plus élevé de cas confirmés, nous demandons maintenant à notre clientèle de rester à l’extérieur et à distance les uns des autres», explique Khalid.
Les pharmaciens rappellent finalement que les médicaments sont disponibles en nombre suffisant. En même temps, ils exhortent les citoyens à ne pas surcharger le personnel des pharmacies et de ne se déplacer qu’en cas de réelle nécessité.

» Source de l'article: aujourdhui

Autres articles