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Fatiha Elsafy : La Marocaine qui développe des vaccins au sein du Centre Slaoui

25.05.2020 - 13:13

Cela fait plus d’une vingtaine d’années que Fatiha Elsafy a quitté le Maroc pour vivre aux Etats-Unis où elle est actuellement Senior Manager of Strategic Clinical Planning au sein de Slaoui Center for Vaccines and Research (GSK).

Originaire d’Imintanoute, la femme de science est issue d’une famille de la classe moyenne de la métropole casablancaise, ville de sa naissance. Fatiha Esafy se dit reconnaissante et très fière de sa citoyenneté américaine et de tout ce que les Etats Unis d’Amérique lui permet de réaliser. Récit de l’incroyable parcours de la Marocaine qui collabore avec GlaxoSmithKline (GSK), l’un des dix géants de l’industrie pharmaceutique mondiale.

Des lettres… aux sciences !

A son plus jeune âge, Fatiha Elsafy a passé le primaire à l’école Moulay Ismail à Derb Soltane, pour ensuite étudier au Lycée Oqba Ibnou Nafi à Hay Mohammadi. A l’Université, elle s’est passionnée pour la littérature anglaise et a obtenu sa licence à la Faculté des lettres et des sciences humaines à Mohammedia. Sa reconversion aux sciences s’est effectuée lorsqu’elle a posé pied aux Etats-Unis pour continuer ses études.

Sa carrière a également pris une nouvelle trajectoire grâce à la rencontre avec son mari chirurgien de profession et chercheur au sein du National Institute of Health. Ses prérequis en langue anglaise lui permettaient aussi de s’ouvrir vers d’autres domaines d’études. «Mon mari m’a inspirée et m’a encouragée dans le choix que j’ai fait ensuite pour les études jusqu’à l’obtention d’un Master in Health Science de l’Université George Washington (School of medecine and health sciences). Il m’a transmis cette passion pour les sciences et m’a apporté son soutien dès les premières recherches que j’ai initiées», raconte-t-elle.

Slaoui Center for Vaccines Research : la consécration !

A son actif, Fatiha Elsafy a un palmarès de recherches riche en découvertes scientifiques. En 20 ans, la femme de science a collaboré avec les plus grandes structures dans le monde comme le Laboratoire Merck, Johnson &Johnson, ou encore Bayer Healthcare. Repérée par GSK au moment où elle travaillait pour Johnson & Johnson, la Marocaine a été contactée par l’entreprise pour intégrer Slaoui Center for Vaccines Research. «Je n’ai pas hésité a accepter la proposition de GSK en raison de la place et de la renommée internationale dont jouit cette entreprise. Elle compte globalement 120.000 employés et ses traitements sont utilisés un peu partout dans le monde. Cette collaboration m’honore d’autant plus que le centre de recherche porte le nom du docteur Moncef Saloui», explique-t-elle. Rien n’est laissé au hasard dans le travail que Fatiha Elsafy effectue au sein de la société GSK.

Le respect des procédures dans chaque démarche scientifique qu’elle entreprend est la règle d’or pour réussir sa mission. Dans la pratique, elle entre en scène à partir du moment où le traitement est testé sur l’être humain après essai sur l’animal. Dirigeant une équipe de chercheurs, la responsable intervient lorsque les recherches aboutissent à une molécule ou quand des résultats prometteurs d’un médicament sont enregistrés.

Le test peut prendre plusieurs années afin de s’assurer que tel ou tel médicament est sûr et qu’il ne provoque pas des effets négatifs sur le patient. Formation des chercheurs sur le protocole et nouvelles techniques, contrôle d’application des protocoles, respect des droits des patients, sélection des pays partenaires… le champ d’intervention de la scientifique marocaine est à la fois vaste et précis. Parallèlement, sa mission consiste également à collaborer avec les Etats et les gouvernements des pays concernés.

Prouesses scientifiques

Ses réalisations scientifiques ne se comptent plus et touchent le processus de traitement du diabète ou encore des maladies cardiaques. Au Centre Slaoui, elle a participé par exemple aux recherches pour le vaccin contre la maladie du zona (Shingles). Ce traitement a été primé comme le meilleur vaccin disponible contre cette maladie infectieuse en 2018. En ce moment, Fatiha El Safy travaille sur tout le planning du RSV (une maladie du système respiratoire chez les enfants). «On essaye de vacciner la femme enceinte au 3ème trimestre afin que le bébé développe des anticorps et pour qu’il ait une forte immunité avant sa naissance», souligne la responsable du projet expliquant que ce vaccin sera disponible prochainement.

Un travail H24

Son quotidien, Fatiha Elsafy le dédie H24 à son travail. Celui-ci est soumis à des fuseaux horaires parfois contraignants en raison des collaborations avec des chercheurs de différents pays. Il lui
arrive souvent de se déplacer un peu partout dans le monde dans le cadre de ses missions. Son agenda chargé ne l’empêche pas de jouer pleinement son rôle d’épouse et de mère. «Je tiens à ce
que mes trois enfants reçoivent le meilleur de notre culture. Je veux garder une certaine authenticité marocaine chez moi à la maison», confie-t-elle.

Le rêve de voir le Maroc en leader dans le domaine de la recherche scientifique

En évoquant le Maroc, Fatiha Elsafy exprime avec émotion, sa nostalgie et son désir de contribuer au développement de son pays natal. «Lorsqu’on vit loin du Maroc, chaque petite chose qui nous le rappelle a de l’importance. Et donc j’essaye de créer un lien en permanence avec le Maroc dans mon quotidien», explique la Marocaine originaire d’Imintanoute.

Le Maroc, elle s’y rend lorsque l’occasion se présente afin de voir ses frères et sœurs. Par ailleurs, elle ne cache pas que son rêve le plus cher est «que le Maroc devienne un leader dans le domaine des recherches médicales» soulignant que le potentiel du pays dans le domaine de la recherche scientifique reste encore à développer pour qu’il puisse attirer les entreprises internationales dans le secteur. «J’espère un jour voir le nom du Maroc dans la liste des pays sur lesquels je travaille», affirme-t-elle relevant qu’elle souhaite contribuer à la mise en place des infrastructures nécessaires, d’un système de santé solide et de participer à l’encadrement des chercheurs marocains dans le secteur médical.

» Source de l'article: aujourdhui

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