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Confinement : La psyché des Marocains décortiquée

05.06.2020 - 18:01

La Fondation Attijariwafa bank donne la parole aux experts

Le Covid-19 a provoqué chez beaucoup de personnes un sentiment d’effroi. Ce contexte de crise accompagné par l’absence de visibilité sur l’avenir a fait de l’incertitude la principale caractéristique de cette période que beaucoup de pays dans le monde traversent en ce moment. Ajoutons à cela la peur de la mort suscitée par l’absence d’informations sur ce virus. C’est dans ce cadre que la Fondation Attijariwafa bank a organisé à distance le 1er juin 2020 une quatrième rencontre autour du thème «Covid-19 : la psyché des Marocains à l’épreuve du confinement» dans le sillage de son cycle de conférences «Échanger pour mieux comprendre».

Il s’agit d’une série de conférences en ligne pour décrypter les multiples retombées du Covid-19 sur notre pays. Ce 4ème échange intervient après l’évaluation des premiers impacts et enseignements de cette crise sanitaire sans précédent sur les plans social et économique. Lors de cette rencontre les experts ont passé au peigne fin l’impact de cette période de crise sanitaire sur les individus et la collectivité expliquant qu’il est néanmoins difficile de mesurer ces conséquences psychologiques à moyen terme. Pour Nadia Cherkaoui, psychologue clinicienne, «le confinement nous touche de façon individuelle et collective. Il nous met à l’épreuve par rapport aux fondations et par rapport aux mécanismes de défense que l’on a pour pouvoir y répondre de façon adaptée. Il y a cette impression d’enfermement qui est produite par l’isolement et qui dépend à la fois de nos facultés individuelles de nos liens et de nos rapports avec nos proches, de notre capacité à communiquer avec nos proches et puis de notre situation sociale, économique et professionnelle». Dans ce sens, il est clair que le confinement met à rude épreuve la cellule familiale. Ainsi, on a vu augmenter les violences conjugales et les violences contre les enfants.

Au niveau des effets sur la famille et la dimension conflictuelle qui accompagne cette période, Hachem Tyal, psychiatre et psychanalyste, a relevé : «Quand les individus sont impactés par l’agression psychologique, quand il y a des réaménagements qui vont s’opérer obligatoirement à l’intérieur de la psyché de chacun, il va y avoir forcément une modification de cette homéostasie parce qu’il y a des tensions qui montent, parce qu’il y a une proximité inhabituelle qui est là». Pour lui, chacun va être perturbé dans ce qu’il est dans son propre équilibre et donc toute la dimension familiale va être remise en question. «Il va falloir qu’on mette en place un autre équilibre parce que le système familial doit s’adapter», souligne l’expert ajoutant que l’être humain est capable de création et qu’il faut développer son propre standard de fonctionnement qui doit permettre des réaménagements c’est à travers ces efforts personnels parentaux que d’autres équilibres vont pouvoir se faire. Pour sa part, Murtada Calamy, journaliste et chroniqueur, «la cellule familiale est prise par le changement de circonstances et le changement des relations sociales, ce qui est une agression psychologique pour la cellule familiale et malheureusement c’est un réflexe humain très ancré que dès lors qu’on est soi-même en souffrance on a le réflexe de faire souffrir plus faible que soi». En conclusion de cet échange, les experts ont mis l’accent sur l’opportunité que représente cette crise sanitaire afin de changer ce qui détruit notre humanité, de vivre autrement et retrouver ce qui constitue l’homme, à savoir notre humanité.

» Source de l'article: aujourdhui

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