Revue de presse des principaux journaux Marocains

Social

Asilah : La reprise s’annonce difficile

26.06.2020 - 16:28

La majorité des professionnels a décidé de baisser les tarifs pour pouvoir sauver la saison

Après une semaine de l’assouplissement des mesures sanitaires, l’ambiance à Asilah est toujours aussi morose. Les rues sont vides de touristes. La situation est très inquiétante en ce début d’été pour les professionnels du tourisme et les différents types de commerces, dont le chiffre d’affaire atteint généralement son pic en juillet et août. «Nous avons raté nos ventes de la Semana Santa (fêtes de Pâques) et de l’Aïd en raison des mesures de confinement. Nous avons cru pouvoir nous rattraper pendant l’été. Mais il nous semble très difficile de réaliser autant des ventes que les précédentes années. Mais nous devons avouer que nous ne sommes pas bien préparés pour cet été. Nous n’avons pas pu nous approvisionner des autres villes comme d’habitude. Si les touristes reviennent, nous ne serons pas en mesure de répondre à leur demande de nouveaux articles spécifiques de l’été», fait savoir un bazariste de la célèbre rue Al-Kharazine.

La plupart des restaurateurs, des propriétaires des cafés et les détenteurs des différents autres types de commerces non alimentaires ont profité de leur fermeture pour réaliser des travaux d’embellissement ou de mise en état de leurs établissements ou magasins en préparation de la saison estivale. Ils ont hâte de retrouver l’ambiance festive d’été avec une véritable reprise de leur business. Certains professionnels du tourisme, qui mettent le paquet sur la saison estivale, ont décidé de baisser leurs tarifs voire de maintenir ceux de la basse saison pour attirer des clients, mais bien évidemment avec le respect de la capacité d’accueil autorisée par les autorités.

«Cette ambiance triste avec l’absence de touristes en plein début d’été ne nous donne pas de raisons d’espérer sauver notre activité pendant cette saison. Il n’empêche que nous continuons de miser sur le tourisme interne pour sortir avec le moins de dégâts possible de cette crise. Je crois qu’il est difficile de retrouver le même dynamisme qu’en saison ordinaire. Mais nous devons, comme le cas des autres destinations touristiques, attendre de nouvelles décisions concernant les déplacements inter-villes et la fin des examens scolaires pour espérer voir l’arrivée des touristes dans notre ville», confie Mohamed Amine Kassri, gérant d’un café-restaurant en plein centre-ville.

Avec la vocation balnéaire de leur ville, beaucoup de Zaïlachis choisissent chaque année de mettre en location leur propre maison ou de se convertir dans d’autres petits commerces pour faire un peu d’argent de côté afin de pouvoir tenir le coup au cours de l’année. D’aucuns ne cachent pas cette année leur déception et disent que leur peur de l’incertitude prend le dessus sur toute autre chose en ce temps de crise sanitaire. Alors que d’autres disent avoir hâte de reprendre leur activité saisonnière encore cette année.

«Comme mon commerce de vente de légumes me rapporte peu, j’ai décidé ces dernières années de laisser mon fils aîné s’occuper de mon petit local et me convertir dans la vente des tajines et des poissons grillés sur la plage. J’essaie encore cet été de faire de même en respect des règles sanitaires et avec l’autorisation des autorités. Sans ça, je préfère continuer d’exercer mon métier comme tout le monde et pour l’intérêt général», précise ce marchand de légumes.

En attendant que l’effervescence et l’ambiance gagnent ses rues, Asilah demeure fascinante par ses paysages et ses belles plages sauvages, dont l’odeur et le bruit des vagues se font ressentir partout sur son territoire.

» Source de l'article: aujourdhui

Autres articles