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Covid-19 : Les facteurs de causalité analysés par deux chercheurs marocains

05.07.2020 - 20:10

Deux enseignants-chercheurs de l’Université Mundiapolis, Abdelghani Youmni et Mbarek Cheikh, viennent de rendre publics les résultats de leur étude sur la plateforme Merxiv, spécialisée dans les sciences de la santé et pilotée par le Center for Outcomes Research and Evaluation – Yale University, New Haven- United States. Les principales conclusions confortent la politique de riposte engagée dès le départ par le Maroc.

Une étude sur «l’exploration de la relation de causalité entre les facteurs de risque et la vulnérabilité aux cas de Covid-19 en Italie, Espagne, France, Grèce, Portugal, Maroc et Afrique du Sud» vient d’être menée par deux professeurs chercheurs marocains. Abdelghani Youmni et Mbarek Cheikh, qui enseignent tous deux à l’Université Mundiapolis à Casablanca. Le premier est aussi membre de la Société française d’évaluation des politiques publiques. Les résultats de l’investigation ont fait l’objet de publication sur la plateforme spécialisée dans les sciences de la santé Merxiv, pilotée par le Center for Outcomes Research and Evaluation – Yale University, New Haven- United States.
L’étude s’est basée sur un modèle de régression multiple et vise à établir une relation de causalité entre des facteurs de risque identifiés et la vulnérabilité à la Covid-19 dans 7 pays différents d’Europe et d’Afrique. L’Italie, l’Espagne, la France figurant parmi les pays les plus touchés. Le Portugal choisi dans la catégorie des pays modérément touchés et enfin la Grèce, le Maroc et l’Afrique du Sud, pris pour base de recherche, parmi les Etats les moins touchés.

D’emblée, la distribution des cas infectés et des décès montre que «le Maroc a une distribution normale avec une médiane égale à la moyenne, ce qui équivaut à un succès dans l’endiguement de la propagation du virus durant la période du 15 mars au 15 mai». Sur l’échantillon qui compte huit pays africains, le Maroc et l’Afrique du Sud ne représentent que 0,7% de la mortalité en lien avec la Covid-19. «Nous avons trouvé une corrélation positive (r>0.5) entre le pourcentage de personnes de plus de 65 ans et le nombre total de cas infectés et hospitalisés dans presque tous les pays. En Afrique du Sud et au Maroc le taux des plus de 65 ans ne représente que 5% et 7% contre une moyenne de 21% dans les cinq pays européens de l’échantillon», avancent les deux professeurs.
Partant de ce constat, il semblerait donc que la Covid-19 soit une maladie de la pyramide des âges, à forme rhomboïdale (base large faisant référence aux personnes âgées). Il ressort aussi de l’étude que «le nombre d’arrivées internationales et le trafic aérien participent largement à la propagation du virus. Le flux des passagers a été, en effet, estimé à 89, 84 et 63 millions en France, en Espagne et en Italie contre 10 et 13 millions en Afrique du Sud et au Maroc». Selon les résultats de la modélisation, «chaque million d’arrivées pourrait augmenter le nombre d’infections de 40 individus qui dissémineront le virus et pourront conduire à la formation de clusters familiaux ou industriels».

Les résultats des tests ont prouvé, en effet, que la densité de la population et la promiscuité accélèrent la contagiosité du virus. La corrélation est positive entre l’augmentation de la densité de la population et le nombre de personnes infectées. La densité de la population de 200 habitants par km² en Italie qui renvoie à 223.096 cas le conforte largement. En Afrique du Sud sur une densité de 50 habitants par km², le nombre de cas dénombrés est seulement de 12.739. Quant à l’effet des changements saisonniers de température, l’Afrique du Sud et le Maroc permettent de mettre en exergue des résultats intéressants.

«Lors de l’étude, le premier passait de l’été à l’automne avec des baisses de température et une augmentation des cas d’infection et le second du printemps à un début précoce de l’été avec des augmentations de température et une baisse des cas d’infection», font remarquer les deux experts. Partant de ce constat, la corrélation entre la température et la propagation est négative (r= -0,468). Cette tendance a, d’ailleurs, été confirmée par des études menées en Chine et en Corée du Sud… L’étude marocaine a permis de démontrer, par ailleurs, que «l’hypothèse de la vulnérabilité des diabétiques montre que le diabète seul est faiblement corrélé (r= 0.146) à l’augmentation du risque et qu’il a besoin de facteurs supplémentaires comme l’âge et le poids pour représenter un risque d’augmentation de la létalité».
En définitive, selon les deux experts en politique publique, «la résilience des systèmes de santé aux pandémies dépend non seulement des variables affectant la vulnérabilité de la santé, mais aussi d’autres facteurs exogènes qualitatifs qui peuvent soit les rendre forts, soit plus fragiles».
C’est dans ce sens que les deux économistes recommandent la mise en œuvre de politiques publiques d’urgence. «La fermeture des frontières, le degré d’effectivité du confinement territorial, social et économique, l’autonomie alimentaire, la décentralisation des ressources en santé, la réduction des débats politiques et des contraintes bureaucratiques ont rendu la gestion de la pandémie plus efficace et plus efficiente». Le Maroc a opté depuis le départ pour des choix difficiles qui ont été salutaires.
A suivre…

» Source de l'article: aujourdhui

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