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Casablanca : L’Intérieur planche sur la trame verte et bleue de la métropole

09.07.2020 - 16:15

Avec moins d’un mètre carré d’espaces verts publics par habitant, Casablanca a besoin d’aires de respiration pour sa population. Depuis quelques années, l’urbanisation poussée est la principale tendance dans la ville.

Toutefois cette urbanisation galopante se heurte à un défi majeur qui est celui du respect de l’environnement. Maîtrise de l’étalement urbain, densification des villes, éco-quartiers et éco-cités, promotion de l’agriculture urbaine, performance énergétique des villes, trames vertes et bleues… autant de réflexions se profilent pour résoudre cette problématique. Au niveau du Grand Casablanca cette question environnementale se pose avec acuité. En effet, la préservation des équilibres entre milieu urbain, périurbain et les espaces naturels en constitue la grande partie. Partant de là, le ministère de l’intérieur à travers l’Agence Urbaine de Casablanca (AUC) travaille actuellement sur «la trame verte et bleue dans l’aire du schéma directeur d’aménagement urbain du Grand Casablanca» en se basant sur les 4 axes développés par son conseil d’administration, à savoir : la planification stratégique, la durabilité, la résilience et la transformation numérique de son territoire. L’objectif étant d’aboutir à des propositions d’aménagement et un plan d’action pour améliorer le cadre de vie de ses habitants. Le périmètre de cette étude comprend les préfectures de Casablanca et de Mohammedia, des provinces de Mediouna et de Nouaceur et de la commune de Mansouria relevant de la province de Benslimane.

Espaces verts : 1 m2 par habitant contre une norme mondiale de 10 m2
Le SDAU avait défini une trame régionale d’espaces ouverts qui comprend plusieurs zones, dont par exemple les espaces agricoles de bonne qualité (notamment le début de la plaine de Berrechid et le secteur de Sidi Moussa Ben Ali) ou encore les parcs urbains. Bien que disposant de plusieurs parcs urbains centraux comme les parcs de la Ligue arabe, de l’Hermitage et de Murdoch et suburbains (Sindibad), le bilan reste insatisfaisant, estime l’AUC. «Le Grand Casablanca compte, en effet, moins de 1 m2 d’espaces verts publics par habitant (non comprises les forêts de Bouskoura et de Echellalate), contre une norme minimale de 10 m2 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)», précise la même source. Ajoutons à cela le fait que les espaces verts sont mal répartis. «Le centre de Casablanca ainsi que la ville de Mohammedia sont bien desservis, mais les arrondissements péri-centraux de Casablanca accusent de fortes carences», explique-t-on. Par ailleurs, la trame compte également les zones boisées constituées principalement de la forêt de Bouskoura, issue de plantations ou replantations en essences exotiques, de boisements de flancs de vallée, de la forêt de Mansouria, beaucoup plus naturelle mais menacée par le sur-pâturage. «Ce sont des réservoirs de biodiversité (surtout Mansouria, les autres pouvant le devenir), des sources de matériaux, des espaces de loisirs de plein air et des zones de protection contre l’érosion en flanc de vallée», souligne l’Agence.

Concilier urbanisation et défi environnemental
Les chiffres sont très parlants. A l’horizon 2030, les besoins en logements à Casablanca sont estimés à 1.000.000,00 d’unités (38.000 logements à produire par an). La métropole connaît un taux d’accroissement annuel de la population de 1,5%. En 2020, la ville compte près de 4,5 millions d’habitants qui devraient atteindre 5,1 millions de personnes en 2030. Elle est marquée par un taux d’accroissement de 2,9% par an du nombre de ménages maintenant la demande en logements à un niveau élevé. Le nombre supplémentaire de ménages devra atteindre 740.000 en 2030, soit 30.000 ménages par an. Sur le plan des transports, quotidiennement la ville absorbe 11 millions de déplacements confondus par jour, prévus à la hausse en 2030 (15 millions estimés à l’horizon 2030). Le schéma directeur d’aménagement urbain du Grand Casablanca (SDAU) a proposé face à cette dynamique de maîtriser la croissance rapide de l’usage automobile (estimé à 1,3 million en 2030), d’offrir un réseau de transports collectifs nettement plus performant en termes quantitatifs et qualitatifs pour répondre aux enjeux futurs, d’éviter l’asphyxie automobile et ses impacts négatifs sur l’économie, l’environnement et la qualité de vie, de renforcer le réseau routier insuffisamment maillé. Quant au défi relatif au développement urbain, le SDAU recommande de s’ouvrir à l’urbanisation selon un phasage précis d’une surface avoisinant les 22.000 ha à l’horizon 2030.

» Source de l'article: aujourdhui

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