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Sécurité routière : Un été pas comme les autres

20.07.2020 - 18:31

En plus des mesures de sécurité, la pandémie impose un changement de paradigme

Déconfinement, période estivale, Aïd Al-Adha sont autant d’éléments qui vont sensiblement influer sur le trafic routier au cours des prochaines semaines. Car en plus de la reprise d’un grand nombre d’activités dont celle du transport de voyageurs, les familles marocaines prendront elles aussi la route des vacances. Cette montée de trafic est évidemment un signal positif et rassurant sur le plan économique mais requiert également un accompagnement et une mobilisation de la part des pouvoirs publics pour assurer aussi bien la fluidité des flux que la prévention sans oublier la dimension sécurité et protection sanitaire qui viendra s’ajouter cette année à cause de l’épisode Covid-19.

Depuis plusieurs semaines, un dispositif a été annoncé pour sensibiliser les usagers de la route à tous ces aspects, notamment en ce qui concerne les centres de visite technique mais aussi les dispositions opérationnelles au niveau des centres d’immatriculation. Malheureusement, le pays depuis de longues années mène une lutte acharnée contre l’insécurité routière. Des milliers de gens perdent la vie chaque année dans des accidents de la route sans oublier les invalides et les drames familiaux. Sur le plan économique, l’impact est également non négligeable. C’est la raison pour laquelle une stratégie nationale a été déployée pour mieux coordonner les actions publiques en matière de prévention. Il faut dire que l’adoption d’un nouveau code de la route il y a plus d’une décennie a permis d’introduire plusieurs nouveautés mais les résultats sont en deçà des aspirations pour tous les acteurs.

Les autorités avaient décidé de revoir certaines dispositions dans le code de la route actuellement en vigueur. Ainsi, les changements devaient renforcer les procédures légales pour la lutte contre les accidents de la route. Concrètement, la nouvelle loi a apporté des changements relativement importants, notamment l’introduction de nouvelles infractions tout en durcissant les sanctions y afférentes (refus de se soumettre à l’éthylotest, usage du téléphone lors de la conduite), avec le retrait de points sur le permis de conduire. En outre, les infractions relatives à la circulation en sens interdit et le dépassement défectueux sont désormais considérées comme des circonstances aggravantes en cas d’accident.

Dans certains cas, la récupération du permis de conduire passe par le suivi d’un stage d’éducation à la sécurité routière. Il était question également dans le cadre de cette loi de créer un Observatoire national de recherches administratives et techniques relatives aux accidents de la route corporels. En plus du volet législatif, la stratégie nationale ambitionne de provoquer des changements au niveau des comportements des usagers de la route. C’est pour cette raison qu’un concept nouveau avait été dévoilé par la tutelle. Il s’agit de permettre aux conducteurs responsables d’un accident de la circulation ayant causé des décès ou des blessures involontaires avec circonstances aggravantes, de suivre une session d’éducation à la sécurité routière. Ces sessions sont organisées dans les établissements d’éducation à la sécurité routière autorisés par le ministère de l’équipement et des transports.

Dans le détail, une session d’éducation à la sécurité routière se déroule sur 3 jours consécutifs, à raison de 7 heures par jour. Malgré toutes ces mesures, les résultats se font toujours attendre. Pourtant, des budgets sont débloqués et des structures sont créées. L’hécatombe sur les routes doit ainsi pousser à poser les vraies questions et partant, prendre les décisions qui s’imposent. Les indicateurs de sécurité routière, notamment le nombre de tués rapporté à la population ou au parc des véhicules, restent insuffisants comparés à ceux des pays développés.

Il est primordial d’agir pour faire cesser l’hémorragie sur les routes. Le temps est ainsi venu pour se détacher de cette image d’un pays où les routes tuent des milliers d’innocents par an sachant que de nombreux accidents restent évitables.

» Source de l'article: aujourdhui

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