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Mohammed Oulhaj : «Allo Eco permet de protéger et améliorer la qualité de l’environnement»

18.10.2020 - 13:03

Mohammed Oulhaj, membre du bureau exécutif de l’Observatoire pour la protection de l’environnement et des monuments historiques de Tanger (OPEMH)

ALM : Comment est venue l’idée du projet «Allo Eco» ?

Mohammed Oulhaj : Depuis la création de l’OPEMH en 2012, nous continuons de lutter contre la dégradation de l’environnement, et ce à travers des actions de plaidoyer, de sensibilisation et de renforcement des capacités des acteurs associatifs. Nous avons constaté que les réclamations des associations et de simples citoyens à propos des infractions environnementales ne sont pas toujours traitées d’une façon convenable. Ainsi, nous avons eu l’idée de lancer le projet «Allo Eco» en vue de capitaliser sur les efforts de plaidoyer et de renforcement des capacités de la société civile, en offrant une plateforme permettant la centralisation et l’acheminement de ses réclamations, mais aussi de mettre entre leurs mains un guide pratique explicitant les principales attributions en matière de protection de l’environnement et décrivant les procédures de recours devant les institutions concernées.

Quel est l’intérêt essentiel de la création de ce genre de centre d’écoute ?

«Allo Eco» est le premier centre d’écoute environnementale dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima et probablement au Maroc.
Ce centre repose sur un système de collecte d’informations qui permettra de capitaliser sur des actions de plaidoyer des citoyens et de la société civile, ainsi que de canaliser leurs efforts vers des solutions efficaces et intransigeantes. Le centre permettra d’assurer le suivi et l’évaluation du comportement des autorités compétentes et leur réactivité par rapport aux doléances des citoyens. Ce qui nous aidera à l’évaluation de la gouvernance environnementale et de raffiner l’indicateur de cette gouvernance qu’on a introduit il y a 3 ans dans notre rapport annuel sur l’état de l’environnement de Tanger.
Le centre vise aussi le renforcement des capacités des citoyens dans le domaine de la protection de l’environnement via un engagement plus fort en matière de dénonciation des infractions environnementales. Nous souhaitons que la communication que nous lançons à travers ce Centre contribuera à la vulgarisation de la culture environnementale chez nos compatriotes.

Pourriez-vous nous parler des services programmés dans le cadre de ce centre d’écoute ?
Ce centre a pour objectif de protéger et améliorer la qualité de l’environnement en permettant aux citoyens de dénoncer et de signaler facilement toute violation nuisible à l’environnement au niveau régional. Le réclamant a la possibilité d’accéder aux services du centre par plusieurs voies ; via le site web alloeco.org, en appelant le N° 0539943787, en adressant un courrier au mail [email protected] ou tout simplement en se présentant directement au centre.
Le centre «Allo Eco» permet selon le cas et selon la nature et la gravité de la violation, soit de fournir les informations nécessaires en relation avec la requête en question, soit orienter le réclamant vers les services compétents, ou bien adopter le dossier et l’acheminer vers les instances de l’OPEMH.

Quelles sont les recommandations fondamentales tirées des ateliers organisés dernièrement dans le cadre du projet «Les Eaux Vertes»?

Le projet «Eaux Vertes», mené par l’OPEMH en partenariat avec l’UNOPS Maroc et financé par l’Union européenne dans le cadre du programme Moucharaka Mouwatina, vise à contribuer à réduire des effets négatifs des eaux usées non traitées, à travers des actions de sensibilisation et de plaidoyer. En effet, nous avons réalisé une étude analytique de diagnostic de l’état des lieux du traitement des eaux usées dans la ville. Nous avons lancé une capsule de sensibilisation sur leurs effets négatifs et comment rationaliser l’utilisation de l’eau potable. Nous sommes actuellement en train de préparer un mémorandum sur le sujet qui sera présenté aux différentes parties prenantes.

Quels sont les principaux constats de votre nouveau rapport sur l’état des lieux de l’environnement à Tanger ?

Effectivement, nous venons de publier le huitième rapport sur l’état de l’environnement et des monuments historiques de Tanger au titre de 2019. Nous l’avons édité pendant une période exceptionnelle liée à la pandémie de Covid-19 qui nous a imposé des contraintes majeures. Nous avons constaté, entre autres, une diminution alarmante des réserves en eau potable estimée à moins de 87 millions m3, avec un besoin de 92% ; une insuffisance des efforts fournis en termes de création des espaces verts dont le taux ne dépasse pas 3,5 m² par habitant et une gouvernance environnementale locale qui reste au-dessous des attentes des citoyens et une poursuite des violations des forêts urbaines. Il s’agit également d’une augmentation de la pollution de l’air et des dangers sanitaires causés par la décharge sauvage de Mghougha, des retards non justifiés pour l’ouverture du nouveau Centre d’élimination et de valorisation (CEV) des déchets et une stagnation de l’effort d’enregistrement des monuments en tant que patrimoine national et abandon du projet Tanger patrimoine humanitaire de l’Unesco.
Le focus a été mis par ce rapport sur le dossier des jardins d’Al Mandoubia, qui a connu l’année précédente une forte mobilisation de la société civile et des citoyens pour la sauvegarde de ce parc pour son grand intérêt environnemental pour la ville.

» Source de l'article: aujourdhui

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