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Généralisation de l’assurance maladie : Les défis et les enjeux d’une refonte sociale primordiale

04.12.2020 - 16:03

D’ici la fin 2022, 22 millions de bénéficiaires additionnels accéderont à l’assurance maladie de base médicale obligatoire. Quant à la généralisation des allocations familiales, près de 7 millions d’enfants en âge de scolarité, au profit de 3 millions de familles, seront bénéficiaires.

Le 29 juillet 2020, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a appelé à la généralisation de la couverture sociale. Un méga-chantier qui traîne depuis des années. Déjà en 2018, lors de son discours du Trône, le Souverain avait appelé à une refonte du dispositif de protection sociale, marqué par un éparpillement des interventions et par un faible taux de couverture et d’efficacité. Dans son discours à l’occasion du 21ème anniversaire de la Fête du Trône, SM le Roi a souligné que «le moment est venu de lancer, au cours des cinq prochaines années, le processus de généralisation de la couverture sociale au profit de tous les Marocains».

Le déploiement de cette réforme se fera de manière progressive, sur une période de 5 ans en deux phases et selon une chronologie bien définie. La première s’étale de 2021 à 2023 et porte sur la généralisation de l’AMO et des allocations familiales. La seconde qui prend effet de 2023 à 2025 concerne la généralisation de la retraite et de l’indemnité pour perte d’emploi. Dans le détail, il faut signaler que d’ici la fin 2022, 22 millions de bénéficiaires additionnels accéderont à l’assurance maladie de base médicale obligatoire. Quant à la généralisation des allocations familiales, près de 7 millions d’enfants en âge de scolarité, au profit de 3 millions de familles, seront bénéficiaires.

Il est également prévu l’élargissement de la base d’adhérents au système de retraite en y incorporant près de 5 millions de Marocains parmi la population active non titulaire d’un droit à une pension. La généralisation de l’AMO d’ici la fin 2022 impliquera plusieurs mesures importantes, à savoir la révision de la loi 65-00 portant code de la couverture médicale de base et de la loi 98-15 relative à l’AMO pour les catégories des professionnels, des travailleurs indépendants et des personnes non salariées exerçant une activité libérale. L’extension de l’AMO au profit des indépendants a toujours été un défi majeur pour le Maroc. Si certains professionnels sont déjà organisés et identifiés et disposent d’organes représentatifs, d’autres ne le sont pas encore et nécessitent un effort d’organisation pour faciliter leur identification, ce qui pose un réel problème.

La révision de la loi 98-15 est destinée à accélérer la couverture médicale de ces catégories et ce à travers la fixation des revenus forfaitaires pour les cotisations et à instaurer une assurance maladie obligatoire au profit des populations démunies bénéficiant actuellement du Ramed avec un système de tiers payant pour la prise en charge médicale à leur profit. Cela dit, cette généralisation implique une refonte profonde du système de santé.

Malgré les efforts entrepris ces dernières années, les citoyens continuent de pâtir des nombreuses limites que connaît le système national de santé, notamment en termes de déséquilibre de l’offre de soins au niveau territorial, de qualité du service rendu et d’encadrement médical et paramédical. La crise sanitaire engendrée par la pandémie de Covid-19 a clairement montré la nécessité d’une réforme urgente du système de santé au Maroc. Celle-ci doit porter sur l’amélioration de l’offre de soins, la mise en place d’une politique innovante et incitative en matière de ressources humaines. La refonte du secteur exige un partenariat public/privé et la création de passerelles entre les deux secteurs qui doivent être complémentaires.

» Source de l'article: aujourdhui

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