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Social

Premier ouvrage collectif de témoignages sur l’usage du réseau social Facebook : «Pourquoi suis-je sur facebook »

22.03.2014 - 13:56

D’après des estimations officielles, douze millions de Marocains utilisent l’Internet dont plus de 5 millions investissent les réseaux sociaux, ce qui donne au Maroc respectivement le 30ème et 36ème rang mondial, mine de rien. Sur Facebook, créé en 2004, des millions de Marocains sont présents dont plus de 60% de jeunes âgés entre 15 et 24 ans. «Pourquoi suis-je sur Facebook ?» est le premier ouvrage collectif de témoignages touchant à la pratique de navigation sur les réseaux sociaux au Maroc (Editions Le Fennec, Casablanca). C’est donc la première exploration du genre de cet univers virtuel fascinant. Dans ce travail, des utilisatrices et utilisateurs de Facebook se prêtent aux confidences en racontant leur expérience personnelle avec ce réseau social, comment ils y ont atterri, ce qu’ils en espéraient, ce qu’il leur a rapporté comme découverte d’une réalité qui était loin d’être imaginée ou devinée par anticipation. Et surtout ce qu’ils ont pu en faire.

L’intéressant c’est que parmi les témoignages figurent des usagers d’une catégorie d’âge (quarantaine, cinquantaine) qu’on aurait du mal à imaginer là. En effet, il est généralement admis que les réseaux sociaux sont affaire de jeunes et même très jeunes comme cela fut confirmé en 2012 par une enquête de la revue Economia, réalisée de septembre à novembre 2011 montrant que 88,5% des usagers de facebook, soit plus des deux tiers, sont âgés de moins de 34 ans et 60% ont un âge allant de 15 à 24 ans.
Du coup, les personnes d’âge mûr seraient, sinon une denrée rare, du moins une minorité sur le réseau social. C’est normal dirait-on, ce n’est pas de leur âge, et par conséquent, ils seraient inexorablement «vieux jeu» dans un univers qui a la réputation d’être voué à des activités propres à la jeunesse.
L’intrusion de plus en plus des personnes d’un âge mûr, autour de la quarantaine, est expliquée par cet intérêt fulgurant pour les réseaux sociaux intervenu à partir du début de 2011. A ce moment-là, on s’en souvient, facebook devint un outil de mobilisation au cours de ce qu’on a convenu d’appeler «printemps arabe». On a observé des masses d’utilisateurs qui expriment leur point de vue librement, clamant leurs aspirations pour des changements, pour la justice, la démocratie, dénonçant la corruption, appelant la fin du despotisme et des inégalités. Ça avait l’apparence d’une insoumission soudaine généralisée organisée par ordinateurs interposés. Ce qui n’était pas possible à travers les médias traditionnels (radios, télévisions, journaux), le devient soudain de manière inopinée bien que ce soit sur le mode virtuel. Alors, des personnes d’âge mur, des universitaires chercheurs doublés de militants engagés sont venus voir ce qui se passe en se glissant dans la mêlée, en y prenant part.
Parmi eux, des contributrices de l’ouvrage, des militantes des droits des femmes universitaires touchant aux disciplines de la médecine, la sociologie, les sciences de la vie : Latifa El Bouhsini, originaire d’Ouezzane, professeure d’Histoire et membre fondateur de l’union d’action féministe et de l’organisation marocaine des droits humains, Asmae Benadada, professeure-chercheure en sociologie (Fès) et membre fondateur de l’Union d’Action Féministe, Rachida Roky, professeur en neuroscience et bioéthique et présidente du Réseau de la lecture au Maroc, Rachida Lakhal, archéologue antiquisante ex-directrice du Centre d’études et de recherche alaouite à Rissani, actuellement cadre au ministère de la Culture et Nouzha Guessous, chercheuse et consultante en droits des femmes, droits humains et bioéthique, coordinatrice de l’ouvrage.

» Source de l'article: lopinion

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