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Entre accès aux droits et préservation des acquis

08.03.2016 - 09:21

À la faveur d’une lutte acharnée pour la dignité et l’égalité, la femme marocaine a réussi, lors des deux dernières décennies, à engranger des réalisations d’envergure lui permettant de s’intégrer, de plain-pied, dans les mutations que connait la société marocaine. Or, l’enjeu aujourd’hui transcende l’accès à de nouveaux droits pour miser sur la préservation des acquis.

Cette avancée se trouve d’ailleurs plus palpable à travers le débat autour de la mise en œuvre de la Constitution de 2011, porteuse, de dispositions plus équitables vis-à-vis de la femme marocaine, notamment la création de l’Autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination (article 146) et le débat autour de la liste nationale réservée aux femmes et aux jeunes. L’appel lancé récemment par certains acteurs politiques en vue de modifier la loi organique relative à la Chambre des représentants visant à supprimer la liste nationale et à mettre un terme à «la rente politique» a suscité plusieurs critiques, notamment de la part des mouvements féministes. Ainsi, ces acteurs insistent sur l’impératif de revoir la liste nationale, étant donné que cette expérience a démontré ses limites et s’est transformée en un «fardeau politique», sur fond d’interrogations portant sur la valeur ajoutée portée par les femmes et les jeunes parlementaires ayant accédé à ce statut via la liste nationale. Des acteurs et militantes politiques considèrent, de leur côté, que le système de quota a donné des résultats concrets en termes de représentativité de la femme dans le champ politique. En ce qui concerne les acquis à mettre à l’actif de la femme, l’on cite l’énonciation par la Constitution des principes d’égalité des chances et de justice sociale.

L’article 6 stipule, en effet que «les pouvoirs publics œuvrent à la création des conditions permettant de généraliser l’effectivité de la liberté et de l’égalité des citoyennes et des citoyens, ainsi que de leur participation à la vie politique, économique, culturelle et sociale». L’article 19 indique de son côté, que «l’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental, énoncés dans le présent titre et dans les autres dispositions de la Constitution, ainsi que dans les conventions et pactes internationaux dûment ratifiés par le Royaume et ce, dans le respect des dispositions de la Constitution, des constantes et des lois du Royaume». Ceci-étant, le Royaume a adhéré à plusieurs conventions internationales, dont la convention de la Conférence de Pékin et celle portant sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), laquelle affirme que «le développement complet d’un pays, le bien-être du monde et la cause de la paix demandent la participation maximale des femmes à égalité avec les hommes, dans tous les domaines». D’ailleurs, le Maroc a été l’un des premiers pays arabes à avoir ratifié cette convention. Le processus de réformes a maintenu son rythme crescendo, la promotion de la condition de la femme étant devenue une préoccupation sociale qui a été couronnée par la promulgation du nouveau code de la famille et du programme gouvernemental de parité «Ikram» (2012-2016).

Si le nouveau code de la famille a constitué un tournant décisif dans l’histoire de la législation marocaine et un saut qualitatif aspirant à consolider les droits de la femme et de l’enfant, d’autres mesures s’en sont suivies, notamment la possibilité pour la mère marocaine d’octroyer sa nationalité à ses enfants dans le cadre du mariage mixte, l’adoption de la stratégie nationale de lutte contre la violence faite aux femmes et le harcèlement sexuel et la création de centres d’écoute et de cellules pour les femmes violentées au sein des hôpitaux, des centres de polices et des associations de la société civile. Néanmoins, le mouvement féministe parie sur la mise en œuvre des dispositions constitutionnelles et la création de l’instance de parité et de lutte contre toutes les formes de discrimination, un organe constitutionnel à même de promouvoir la situation sociale, politique et économique de la femme marocaine. S’agissant de l’action partisane des femmes, les partis politiques se sont vus obligés d’encourager l’accès de la femme à la vie politique, convaincus de la responsabilité qui leur incombe de soutenir la femme au sein du Parlement et des instances élues, et animés par la volonté de former des femmes leaders capables de représenter les formations politiques dans les milieux politiques. Il va sans dire que la présence de la femme au sein des centres de prise de décisions constitue un plaidoyer pour défendre ses droits économiques et sociaux au sein de la société, selon une approche genre qui rompt avec le traitement conjoncturel de la question de la femme.

» Source de l'article: lematin

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