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Étude sur les enjeux d’un système sanitaire durable

09.03.2016 - 20:51

Les conclusions de la dernière étude du think tank Radius sur le système de couverture sanitaire universelle au Maroc ont été dévoilées le 9 mars à Casablanca. Tour d’horizon des principales recommandations.

L’État est amené à se désengager de la gestion du système de couverture sanitaire universelle. Son rôle devrait se limiter à la régulation et au contrôle. C’est ce que préconise le think tank Radius dans une étude réalisée dans le cadre de son projet Global Santé. «L’État ne peut pas à la fois réguler et gérer le système de santé. Il faudra clarifier les rôles de chacun et améliorer la gouvernance du secteur. L’objectif est de transiter d’un régime de couverture centralisé et cloisonné vers un régime solidaire, équitable et juste», déclare Hatim Benjelloun, directeur du cabinet Pass, initiateur de l’étude lors de la table ronde «Enjeux et défis d’un système sanitaire universel et durable», le mercredi 9 mars à Casablanca.

Les personnes sondées dans le cadre de cette étude, tout en reconnaissant les efforts de l’État et ses réalisations pour la généralisation d’une couverture sanitaire, s’attardent toutefois sur plusieurs blocages. Tout d’abord, la gouvernance devrait s’améliorer davantage pour une couverture plus équitable. La création d’une autorité indépendante a ainsi été formulée pour piloter la couverture sanitaire universelle (CSU). Mais avant tout, il s’agirait de réaliser une étude d’impact pour dresser l’état des lieux de cette couverture de 2005 à aujourd’hui. L’objectif est de mener une analyse prospective pour les prochaines années. Par ailleurs, le nerf de guerre demeure le financement de la CSU. Plusieurs pistes ont été avancées par l’étude comme la rationalisation et l’optimisation des coûts, notamment en maitrisant l’achat des médicaments et la prévention médicale. Les sources de financement devront être aussi diversifiées avec une contribution des régions et des villes.

L’étude propose par ailleurs d’intégrer la fiscalité parmi les leviers d’une augmentation des ressources financières en instaurant des taxes sur les services de télécommunications, de voyages et les entreprises opérant dans le sucre, l’alcool et les tabacs. Pour élargir l’assiette des cotisations, l’étude ambitionne d’intégrer ceux qui opèrent dans le secteur informel dans la CSU en leur permettant d’opter pour le statut d’auto-entrepreneur et leur proposer des cartes prépayées d’assurance qui peuvent être rechargeables. Toutefois, ces propositions ne peuvent être réalisables que si le système de santé devient plus compétitif et moins défaillant, selon les sondés. Pour ces derniers, aucune réforme de la couverture sanitaire universelle ne peut aboutir si le système de santé demeure défaillant, notamment au niveau des infrastructures, des équipements, des matériels de soins et de la pénurie des ressources humaines dans le secteur.

«Dans le cadre de la couverture sanitaire universelle, le Maroc a réalisé beaucoup de progrès en un temps court. Depuis le lancement de l’assurance maladie obligatoire (AMO), plusieurs chantiers ont été ouverts, notamment le régime d’assistance médicale (Ramed), l’assurance pour les étudiants et enfin les indépendants. Aujourd’hui, l’AMO a atteint sa vitesse de croisière et le Ramed s’est généralisé. Grâce au Ramed, les hôpitaux publics ont vu leur fréquentation augmenter de 69% et les dépenses des ménages en santé diminuer de 38%, ce qui a facilité l’accès aux soins à une grande frange de la population démunie. Les prochains défis sont l’amélioration et la refonte de la gouvernance, l’amélioration de l’offre de soins et la consolidation des réalisations. Cela sans oublier les efforts qu’on doit fournir afin de diversifier les sources de financement.»

» Source de l'article: lematin

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