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Nada Diouri, présidente-fondatrice de Family School “Eduquer nos enfants sans punitions ni récompenses dans le respect de leur autonomie et en les responsabilisant”

22.07.2019 - 18:49
Libé : Pouvez-vous nous expliquer le concept de l’éducation positive ?  
Nada  Diouri : L’éducation positive répond à la nouvelle configuration de la cellule familiale nucléaire tout en tenant compte des spécificités sociales et culturelles.  Elle permet d’éduquer via des outils pratiques nos enfants sans punitions ni récompenses dans le respect de leur autonomie et en les responsabilisant. Il s’agit de la construction d’un cadre éducatif ferme et bienveillant où les règles sont mises en place avec l’enfant en tenant compte de ses propres besoins (bienveillance). Le travail alors consiste à les faire respecter (fermeté).
Avez-vous perçu un manque dans ce domaine en particulier ? 
Oui. Nous trouvons beaucoup d’associations agissant sur l’enfance, l’éducation et le travail avec les parents mais aucune au Maroc n’a développé de contenu ni répondu au besoin d’abord de préparer les parents à le devenir sur des bases scientifiques. De plus, nous ne trouvons pas dans la continuité de cette préparation un programme complet qui va jusqu’à la pratique en guidant le parent via des jeux pratiques et mises en situation qui lui permettront de répliquer ou refaire le procédé une fois à la maison. 
Nous pouvons certes lister un grand nombre de praticiens et de spécialistes que je salue d’ailleurs car ils font un travail formidable mais il est temps aujourd’hui d’ouvrir ce service de préparation à la parentalité à tous sans discrimination économique car les séances chez les cabinets sont chères. 
On aimerait en savoir un petit peu plus sur les particularités du programme #htahiyatestahel.
htahiyatestahel répond à un besoin dans le milieu rural qui est celui de lutter contre l’abandon scolaire des filles surtout au passage du primaire vers le collège. 
Il se focalise surtout sur les filles qui sont les plus concernées par ce fléau. Il s’agit de filles en dernière année du primaire dont les parents sont analphabètes et en situation précaire. Ainsi, la priorité leur sera donnée. 
Le programme en soi se focalisera sur deux volets. D’abord l’empowerment des filles pour croire en elles, connaître les opportunités d’études et de carrière possibles malgré leur enclavement et les difficultés d’accès à l’information. De plus, pendant cette première année pilote, une étude sera faite localement avec certains parents pour leur autonomisation économique car cela constitue un frein majeur poussant certains d’entre eux à faire travailler leurs filles. 
Quel regard portez-vous sur l’ensemble des actions que vous avez entreprises jusqu’à présent ? 
Comparées au plan d’action élaboré pendant mon stage professionnel en 2016, ces actions sont en avance par rapport à ce qui était prévu et l’accueil réservé à cette  initiative a été plus que satisfaisant. 
Je suis heureuse de voir un rêve se concrétiser. Il suffit de croire en ses capacités et d’être entouré de personnes sérieuses pour atteindre son objectif. Aujourd’hui, il n’est plus seulement le mien mais celui de dizaines de personnes et, bientôt, pourquoi pas de milliers d’autres. 
Est-ce que vous rencontrez des difficultés dans la réalisation de vos projets ? 
La difficulté majeure pour une association jeune est le financement. Il faut d’abord mener des actions pour pouvoir lever des fonds et développer les projets. Il s’agit du problème majeur dont je suis certaine qu’il sera bientôt résolu. Par contre, je suis très reconnaissante envers des enseignes du monde de la parentalité et de l’enfant qui ont cru en nous dès le premier jour telles que J’adore Cake Boutique, ElectroPlus, Cocon et Papillon, Ecole Les Pinsons, Francis Valery, Dream Island et bien sûr le groupe Accor partenaire de l’association sur le programme d’autonomisation économique des femmes veuves et divorcées. 
Nous sommes également heureux aujourd’hui d’être récipiendaires de la bourse de l’agence de presse 4ème Jour pour un accompagnement RP d’une année qui sans doute nous aidera à surmonter  l’obstacle susmentionné.
Comment voyez-vous l’avenir ? Etes-vous optimiste à l’idée d’atteindre vos objectifs? A savoir « créer une société où chaque membre de la famille vit en sécurité, réalise ses objectifs aussi bien personnels que professionnels».
Je vois mes formations accessibles à tous partout au Maroc, parents, futurs parents et enfants de 3 à 12 ans, et pourquoi pas dans la région MENA. Nous avons déjà une stratégie pour y arriver car la vision à moyen et long termes est le secret de la réussite de tout projet. 
Nous sommes convaincus que cette méthodologie axée sur l’accompagnement des familles dans l’éducation de leurs enfants est la clé pour construire cette société dont nous rêvons au sein de Family School.
 
» Source de l'article: liberation

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