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L’incertitude plane sur les J.O de Tokyo alors que le CIO se veut rassurant

05.03.2020 - 21:26
Des dizaines de compétitions européennes impactées et un Euro 2020 en question. King Udoh, attaquant italo-nigérian de Pianese (Serie C) et un journaliste sportif transalpin contaminés. En Asie, le calendrier sportif se trouve bouleversé. Et forcément à Tokyo, la tension est perceptible à moins de cinq mois du début des J.O (24 juillet). Comment pouvait-il en être autrement ? Alors qu’elle menace la santé humaine et ébranle l’économie, l’épidémie du Coronavirus a sans surprise gagné la sphère sportive et suscite une profonde inquiétude chez les sportifs marocains qualifiés pour l’évènement planétaire estival.
Avant-hier au pays du Soleil Levant, le premier ministre et chef du gouvernement Shinzo Abe, a annoncé, pour un mois, la fermeture de l’ensemble des établissements scolaires publics (écoles primaires, collèges et lycée). Cette décision intervenue en raison de la situation actuelle dans le pays, où le nombre de cas de contamination confirmés est de 186, est en total décalage avec l’idée d’accueillir deux millions de visiteurs et plus de dix mille athlètes dans la capitale nippone pour la quinzaine olympique. Alors, qu’en sera-t-il le 24 juillet, date de la cérémonie d’ouverture ? Ce que l’on sait, c’est que personne n’en sait rien justement.
Aux antipodes du vent d’inquiétude qui traverse une planète où le COVID-19 a déjà fait 2800 morts, selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le président du CIO, Thomas Bach, a tenu à rassurer et à tordre le cou aux rumeurs : «Nous sommes totalement engagés à réussir ces Jeux», a-t-il martelé avant-hier lors d’une conférence de presse avec des médias japonais.
Si du côté du CIO, on estime la situation préoccupante, jusqu’à présent aucun signe avant-coureur ni réunions particulières ne prédisent une annulation des Jeux du côté du Comité olympique international. Toutefois, le Canadien Dick Pound, doyen du CIO s’est montré plus alarmiste, en évoquant une fenêtre de deux ou trois mois pour que le comité prenne une décision. «Pour chaque athlète de haut niveau, ce serait un véritable drame», nous confie Asmaa Niang. Quadruple championne d’Afrique et 6ème mondiale dans la catégorie des -70kg, la judoka marocaine a quasiment validé son billet pour Tokyo. «On s’est préparé pendant quatre ans pour cet évènement. C’est le rêve de chaque athlète. J’ai déjà réalisé mon rêve d’enfant en participant au JO de Rio. Tokyo c’est mon rêve de grande. J’y vais avec beaucoup plus de maturité et de sagesse», s’enthousiasme-t-elle, tout en espérant que dans le pire des cas, les Jeux seront reportés à une date ultérieure, consciente qu’à 37 ans, ce sera peut-être son dernier baroud d’honneur.  
Cette éventualité n’est pas du tout celle envisagée par Dick Pound. «Un évènement de cette ampleur ne se déplace ni dans le temps ni dans l’espace. Il s’annule purement et simplement. Il y a tellement de composantes, de pays engagés, de compétitions qui en découlent, de droits télé, vous ne pouvez pas le déplacer en octobre par exemple», a-t-il jugé. Face à cette intervention et à ces arguments qui pourraient valoir également pour l’Euro 2020 prévu dans 12 pays en juin, Toshiro Muto, le directeur général de Tokyo 2020 a affiché son mécontentement en prétextant que l’annulation n’était pas un scénario envisagé et encore moins envisageable. Pourtant, nul ne peut ignorer que des évènements qui rassemblent dans un espace étroit des personnes venues du monde entier et sur une longue durée, seront forcément remis en question si l’épidémie continue d’évoluer.
Il n’y a pas que la probable annulation des J.O qui gêne les athlètes. L’épidémie du Coronavirus perturbe également les tournois de qualification olympiques. Les athlètes rencontrent des difficultés à s’entraîner et voyager. «Il y a des pays asiatiques où on ne peut plus se rendre» regrette Asmaa Niang, sensible aux problèmes rencontrés par les sportifs chinois «Ce qui leur arrive me fait mal au cœur. On les boycotte. Ils ne peuvent plus voyager pour participer aux compétitions. Donc pour se qualifier aux J.O, ça va être très compliqué», conclut-elle amère, sans pour autant se délester de son optimisme légendaire : «J’espère que l’annulation des JO restera une rumeur. Sinon je serai déçue et je pense que je ne serai pas la seule dans ce cas. Mais j’ai bon espoir. Les Japonais vont certainement prendre des précautions et trouver des solutions».
» Source de l'article: liberation

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