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Prisme Tactique : Le côté obscur de la défense en zone

18.07.2018 - 21:00
Alors que les couples se sont rabibochés dès le coup de sifflet final du Mondial, voilà que la Ligue des champions africains vient à son tour, perturber cette renaissante quiétude sentimentale. Ce léger trait d’humour n’est pas insensé ; il permet de dissiper quelque peu l’amertume née d’une soirée continentale mitigée. Quand bien même le Wydad a été mieux lotis, le Difaa a quant à lui subi une défaite frustrante. Ces destins contrastés s’accordent sur la manière dont ils se sont noués. A savoir, le côté obscur des défenses en zone et reculées.
Aux antipodes des défenses en marquage individuel longtemps prôné par des tacticiens de renommée à l’instar du français Guy Roux, et qui a peu à peu disparu du paysage, à quelque exception près, comme les équipes de Marcelo Bielsa, la défense en zone est pourvue de plusieurs vertus mais a contrario elle subit les inconvénients de ses avantages. Illustration faite par les buts égalisateurs encaissés par le WAC et le DHJ. En principe, ce type de défense permet de maîtriser les espaces, en formant un bloc solidaire dont l’évolution dépend de la position du ballon, avant de réduire lesdits espaces autour du porteur et donc récupérer le cuir. Cette toile qui limite les possibilités offensives adverses, n’est possible qu’en possédant une défense qui maîtrise le hors-jeu. Ainsi, le mauvais alignement de la défense des Rouge et Blanc a été le premier élément qui a perturbé leur animation défensive, en faisant d’elle une défense de zone dite « fuyante’’, soit, un comportement passif, où le bloc recule. Pis encore, l’ensemble des joueurs ont été obnubilés par le ballon sans s’attacher à suivre le déplacement du buteur Mandela (capture 1). Du coup, ce dernier a toujours eu un temps d’avance sur la défense du Wydad, pourtant en supériorité numérique, laquelle n’a jamais réussi à rattraper ces quelques secondes d’inattention coupable. 
L’analogie avec le premier but encaissé par les Jdidis est flagrante. Les mêmes causes pour les mêmes conséquences. Parti à la limite du hors-jeu, l’ailier sétifien, Ghacha a certes eu le mérite de centrer le ballon là où il fallait et dans le bon timing, néanmoins, c’est à l’arrière-garde apathique du DHJ qu’incombe la responsabilité du but encaissé. Car à l’image de celle du Wydad, en défendant à reculons, le ballon a accaparé son attention et obstrué son champ de vision, au point de ne pas avoir réagi au déplacement de Bouguelmouna (capture 2), qui a eu tout le loisir de placer son tir hors de portée du gardien. 
 
» Source de l'article: liberation

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