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Prisme tactique : Coupe arabe des clubs champions le Raja, antithèse de l’ESS

25.01.2019 - 21:01
Vous êtes certainement déjà passé à côté d’un match à la télé, sans pour autant y prêter attention. Si à tout hasard, cela vous arrive samedi après-midi (17h), n’hésitez pas cette fois-ci à jeter plus d’un coup d’œil. Car à travers la diffusion du choc maghrébin, qui mettra aux prises le Raja de Casablanca et l’Etoile sportive du Sahel, au Complexe Moulay Abdellah de Rabat, pour le compte des quarts de finale aller de la Coupe arabe des clubs champions, le petit écran vous offrira tout ce que le ballon rond a de bon.
En sus d’une rivalité historique, sur fond de suprématie géographique, ce sommet maghrébin sera également marqué par une opposition de styles. En remportant leurs deux dernières rencontres, le Raja comme l’ESS ont sorti la tête de l’eau, après une série de contre-performances. Mais l’analogie s’arrête là. Au-delà de la forme du moment, tout les oppose en termes de schéma tactique, mais également au niveau des animations défensives et offensives.
A Sousse, la stabilité et la patience ne sont pas les principales vertus animant les dirigeants de l’Etoile sportive du Sahel. Après avoir éliminé l’autre club casablancais, au tour précédent, l’ESS a vu passer trois techniciens en moins de quatre mois, suite au limogeage du Belge Georges Leekens. Toutefois, depuis le 16 décembre, c’est une légende qui a pris place sur le banc, en la personne de Roger Lemerre. Vainqueur de la Coupe du monde (1998), en tant qu’entraîneur adjoint, puis de l’Euro 2020, avec le costume de sélectionneur, le septuagénaire français est arrivé en terrain conquis. Le sacre continental acquis à la tête des Aigles de Carthage (2004), et la Coupe de Tunisie remportée sous le fanion de l’ESS (2014), lui confèrent une aura et une légitimité dont il a d’ailleurs profité pour tout chambouler et trancher avec ses prédécesseurs qui prônaient un jeu défensif et ennuyeux.  
Petit à petit, il a transformé le visage de la ‘’Nejma’’. Qu’il déploie son onze en 4-2-3-1 ou en 3-4-1-2, comme c’est le cas récemment, il garde une seule et même ligne directrice, la possession (plus de 60%). En attaque, hormis les coups de pied arrêtés, à l’origine d’environ 80% des buts, il demande à ses joueurs d’être patients dans la construction, de doubler et redoubler les passes, ainsi que beaucoup de mouvements, en attendant de trouver un point de fixation dans l’axe, avant d’orienter le jeu sur les côtés vers les latéraux. Le point de fixation en question plonge souvent dans la surface de réparation pour être à la réception des centres. Eléments moteurs de la seconde meilleure attaque de la Ligue 1 tunisienne, Y. Chikhaoui (4 buts), un longiligne attaquant et Amr Marei (3), un Egyptien au toucher de balle soyeux, seront les éléments à serrer de près pour les Rajaouis.   
A la perte du ballon, c’est à une volonté de récupérer rapidement le cuir, grâce à  un pressing intense, soutenu par un bloc haut, que doivent faire face Garrido et ses hommes. Et ce n’est pas forcément pour les déplaire. En effet, quoi de mieux pour une équipe dont la profondeur est le mets préféré, que d’affronter une défense qui a du mal à la gérer. Friables dans l’axe et sur phase arrêtée, les Tunisiens souffrent logiquement des faiblesses de leurs forces. Une fois que leur adversaire réussit à se dépêtrer de l’étreinte du pressing, des boulevards s’offrent à lui, notamment sur les flancs, à cause de la position haute des latéraux. Pour peu qu’il y ait une équipe redoutable en contre, ils se font transpercer sans pouvoir y faire grand-chose.
Du coup, le Raja pourra s’en donner à cœur joie. Mue par une tendance à laisser volontiers la possession à l’adversaire, afin de l’aspirer pour mieux le contrer à travers une vertigineuse verticalité, l’animation offensive des Verts dispose donc de toutes les armes pour mettre en difficulté l’arrière-garde de l’Etoile, et surtout la matière première. A savoir, des milieux récupérateurs solides, des ailiers ultra rapides et, évidemment, Hafidi, un magicien à la qualité de passe hors normes.
A la lumière de ses éléments, ainsi que de la faiblesse du dernier rempart tunisien, qui est tout sauf une assurance tout risque, dans ses prises de balle et la lecture des trajectoires, le Raja a un très bon coup à jouer, comme cela a été le cas lors du dernier match entre les deux équipes au Maroc, que les Verts avaient remporté (2-0) en Coupe de la CAF, il y a quatre ans.    
» Source de l'article: liberation

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