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Sport

Mohammed Marrakchi : Si les jeunes croisent du basket 3×3 en allant au supermarché, dans une gare ou à la plage, ça va automatiquement démocratiser ce sport

29.08.2019 - 14:52
Pour beaucoup, le basket à 3 symbolise une pratique dite libre, pourquoi ?
A son apparition dans les terrains de proximité, on l’appelait libre parce que les jeunes s’organisaient entre eux pour jouer. Ils n’avaient besoin ni d’arbitre ni de règles. Il n’y avait pas de cadre institutionnel et structuré. Les pratiquants jouaient librement. Ce qu’on appelle nous le freestyle. Désormais, les gens tendent de plus en plus vers ce genre de sport : « Je joue quand je veux et avec qui je veux ».  

En tant qu’auteur d’une thèse sur le sport et le territoire au Maroc, est-il logique que le 3×3 soit associé à de nouveaux concepts liés à l’urbanisation des sports ?
De l’urbanisation mais surtout de la mobilité. Quand je parle de mobilité, cela veut dire que je peux jouer où je veux. Je peux jouer dans un parking, dans une grande surface, dans un Mall. Donc ça aussi c’est une liberté. Je ne suis pas enfermé dans une salle ni limité par ses règles. Au début, c’était pratiqué  dans les cités. Maintenant on le joue à la plage… C’est une évolution constante rendue possible grâce aux terrains qui sont modulables.

Le monde du basket n’a-t-il pas été un peu pris de vitesse par l’annonce du CIO, et notamment un pays comme le nôtre ?
Il y a des pays comme ceux de l’Est dont la Serbie qui ont tout de suite saisi cette opportunité, attirés par les particularités techniques et tactiques du 3×3 qui sont en phase avec leur style de jeu et leur culture sportive. D’ailleurs ce sont les champions du monde. Il y a ceux qui ont vu dans le 3×3 une opportunité de briller, à l’instar des Pays-Bas, médaillés de bronze en 3×3 lors des championnats du monde mais non qualifiés pour le Mondial à 5. Enfin, il y a les pays africains qui sont majoritairement passés à côté. Pourtant, avec la jeunesse africaine, le soleil, le 3×3 constitue une opportunité pour développer le basket dans le continent. Mais les décideurs ne s’en rendent toujours pas compte.  
D’après votre expérience, quels sont les freins à la démocratisation du basket 3-3 au Maroc ?
Nous avons des jeunes, des moyens, de l’espace où construire des terrains et du soleil tout au long de l’année. Je pense qu’il faut responsabiliser les bonnes personnes. Pas forcément celles qui ont le plus d’expérience mais celles qui croient en ce projet, qui voient le 3×3 comme une réelle opportunité pour le développement du basket dans notre pays. Il y a des décideurs qui devraient prendre des initiatives. Si les jeunes croisent du basket 3×3 quand ils partent au supermarché, dans une gare ou à la plage, ça va automatiquement démocratiser ce sport.

Les Jeux africains peuvent-ils contribuer à  la démocratisation de ce sport ?
Déjà, le Maroc participe par défaut. Si ces Jeux étaient organisés dans un autre pays, on ne serait même pas présent. En revanche, le grand public, et les entraîneurs qui y assistent, ne peuvent que se rendre à l’évidence en se disant : «Ah tiens ! C’est pas mal. Je peux essayer avec mes jeunes». Bref, ces Jeux vont assurément participer à la démocratisation de ce sport. Normalement, lors d’un événement comme celui-là, on organise des ateliers de formation au profit des jeunes, comme c’est le cas d’autres pays africains en avance dans ce sens, à l’instar de l’Uganda et du Madagascar. Nous devons nous en inspirer.

» Source de l'article: liberation

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